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Massoud Radjavi:
Le dirigeant de la Résistance iranienne

Massoud Radjavi
Massoud Radjavi

Massoud Radjavi est né en 1947, à Tabas, une ville de la province de Khorasan, dans le nord-est de l’Iran, où il continuera ses études jusqu’au Baccalauréat, avant de monter vers Téhéran, pour étudier le droit, à l’Université de Téhéran.
Il est influencé d’emblée par l'interprétation moderne de l'Islam par l'OMPI qu’il intègre en 1967, avant de devenir le plus jeune membre de son Comité central.


Des prisons de la Savak aux cours de philosophie à l’université

En 1971, il est arrêté tout comme les autres membres dirigeants de l’OMPI, par la police secrète du Chah (la Savak), tous les fondateurs et le Comité central de l'OMPI. Ils sont tous condamnés à mort par des tribunaux militaires. C’est sous une pression internationale déclenchée par une campagne lancée par son frère aîné, Kazem, que la sentence de Massoud Radjavi est commuée en perpétuité.
C’est depuis la prison, que Massoud Radjavi a dirigé la résistance des Moudjahidine, de 1975 jusqu'à sa libération en 1978. Il mène alors la lutte contre la dictature du Chah, tout en confrontant l’émergence de l’intégrisme religieux représenté alors par l’Ayatollah Rouhollah Khomeiny.


Massoud Radjavi
Massoud Radjavi (au milieu, chemise blanche), le jour de sa libération des prisons du Chah

Après sa libération, Radjavi s'est consacré à la reconstruction de l'OMPI. Il donne des conférences hebdomadaires à l'Université Sharif qui a attiré un large public. Ces conférences sont en fait des cours de philosophie comparée, donnés tous les vendredis après-midi par M. Massoud Radjavi, qui y décrypte la philosophie et la pensée de son mouvement. Selon le journal Le Monde, quelques 10.000 personnes y participent avec des cartes d’entrée.


Les élections présidentielles et législatives

En 1980, Massoud Radjavi s’est présenté comme candidat à l'élection présidentielle iranienne. Dans son livre, The Iranian Mojahedin, Ervand Abrahamian écrit:

"La candidature de Radjavi a été approuvée non seulement par les organisations affiliées aux Moudjahidine... mais aussi par un nombre impressionnant d'organisations indépendantes, dont le Feda'iyan, le Front démocratique national, le Parti démocratique kurde, le Parti révolutionnaire des travailleurs kurdes (Komula), la Société des socialistes iraniens, la Société pour les droits culturels et politiques des Turkmènes, la Société des jeunes assyriens et le Groupe mixte des minorités arménienne, zoroastrienne et juive. Radjavi a également reçu le soutien d'un grand nombre de personnalités : La veuve de l’Ayatollah Mahmoud Taleqani ; Shaykh Ezeddin Hosayni (le chef spirituel des Kurdes sunnites à Mahabad) ; Hojjjat al-Islam Jalalal Ganjehi (un religieux connu dans le nord de l’Iran), ainsi que cinquante membres bien connus de l'Association des écrivains iraniens, dont l'économiste Naser Pakdaman, le romancier Manuchehr Hezarkhani et les historiens séculiers Feraydun Adamiyyyat et Homa Nateq ; et, bien sûr, de nombreuses familles des pionniers martyrs des Moudjahidine, notamment les familles Hanifnejad, Rezayi, Mohsen, Badizadegan, Asgarizadeh, Sadeq, Meshkinfam et Mihandust. Les Moudjahidine étaient devenus l'avant-garde de l'opposition laïque à la République islamique."

Cette poussée massive a inquiété Khomeiny qui a opposé son veto à la candidature de Radjavi à l'élection présidentielle. Son prétexte a été l’opposition de Radjavi à la nouvelle constitution iranienne qui venait de jeter les bases d’une République islamique qui donnait le pouvoir absolu à un Guide suprême.
Massoud Radjavi s'est ensuite présenté aux législatives, où il a été écarté du Majlis (Parlement iranien) par de larges fraudes électorales.


La sortie du pays

Le 29 juillet 1981, Massoud Radjavi a constitué le Conseil national de la résistance iranienne (CNRI), un central de l’opposition iranienne à la dictature religieuse.
C’est à cette époque que les arrestations massives, les emprisonnements et les exécutions des militants de l'OMPI se multiplient. Massoud Radjavi est contraint de quitter le pays, ce qu’il fera au bord d’un C-130 Hercules, un avion de transport militaire de l’armée qui compte alors de nombreux militants du mouvement.

À Paris, Massoud Radjavi reçoit de nombreuses preuves de soutien sur la scène internationale, notamment de la part des sénateurs américains Gary Hart et Edward Kennedy, et des milliers de déclarations de soutien en provenance d'autres pays. Les ayatollahs tirent encore une fois la sonnette d’alarme, ils se révoltent contre les États occidentaux à qui ils demandent de couper court à ces manifestations de sympathie envers l’opposition iranienne.

Massoud Radjavi
Massoud Radjavi, le jour de son arrivée à Paris

Téhéran sera alors explicite envers ses interlocuteurs occidentaux : s’ils veulent du commerce et s’ils ne veulent pas d’ennui du genre des prises d’otages et des bombes ici et là, il faut limiter les activités des Moudjahidine du peuple.

Radjavi a dû quitter la France en 1986, lorsque le gouvernement français, qui était impliqué dans les négociations avec le régime iranien sur le sort des otages français au Liban, l'a poussé à le faire, et il s'est donc rendu en Irak en juin 1986.
Précédemment, il avait lancé une large campagne de paix dans une guerre irano-irakienne qui a été dévastateur, coûtant la vie à plus d'un million de personnes du seul côté iranien. C’est après que l’Irak ait adhéré au plan de paix présenté par Radjavi, que celui-ci s’est rendu dans ce pays.
Le gouvernement irakien de l'époque avait reconnu l'indépendance politique, financière et militaire de l'OMPI, dans leur présence sur le sol irakien.
Depuis la constitution du CNRI, Massoud Radjavi a concentré ses efforts sur la gestion de ce central d’opposition. En août 1993, le CNRI a élu Maryam Radjavi, épouse de Massoud Radjavi, comme la présidente de l’Iran dans une période de transition de six mois après la chute de la République islamique, jusqu’à ce qu’une Assemblée constituante élue aux suffrages universels désigne le mode de pouvoir du nouveau régime.