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Iran – Moyen-Orient :

200 000 miliciens irakiens et syriens à la solde des Gardiens de la révolution

Le général Jafari a révélé que les Gardiens de la révolution islamique entretenaient 200 000 miliciens en Irak et en Syrie, et qu’ils ont fourni 100 000 missiles et roquettes au Hezbollah libanais.
Le général Jafari a révélé que les Gardiens de la révolution islamique entretenaient 200 000 miliciens en Irak et en Syrie, et qu’ils ont fourni 100 000 missiles et roquettes au Hezbollah libanais.

Le Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI) "organise" quelques 100 000 Irakiens dans des unités militaires, ainsi qu’autant de personnes en Syrie, a reconnu le général Mohammad Ali Jafari, le commandant en chef du CGRI, lors d’un discours samedi 16 mars.

Ces milices sont gérées et commandées par les Gardiens de la Révolution, a ajouté Jafari, dans cette élocution à l’occasion du 40e anniversaire de la République islamique dont des extraits ont été relayés par l’Agence de presse Fars, poche des Gardiens de la révolution.

Décidément en harmonie avec le chiffre de 100 000, Jafari a également révélé que le CGRI a fourni autant de missiles et de roquettes au Hezbollah du Liban, groupe mandataire de l’Iran dans le Moyen-Orient. Ces missiles sont capables de frapper "tout le territoire occupé par" l’Israël, a encore dit le général des Gardiens de la révolution.

C’est la première fois qu’un haut dirigeant de Téhéran reconnaît l’entretien des troupes indigènes dans les pays du Moyen-Orient. Jusque-là le régime des ayatollahs avait toujours nié une présence militaire massive en Syrie, prétendant que son rôle se limitait à celui des "conseillers militaires".  

Ces révélations ont provoqué un tollé général sur le médias sociaux iraniens qui font notamment remarquer qu’alors que de nombreuses variétés de la population vivent en-dessous du seuil de la pauvreté en Iran et que les arriérés de salaires et les licenciements se cumulent et se banalisent dans le pays, rien ne peut justifier les dépenses que suppose l’entretien d’un aussi grand nombre de miliciens à l’étranger et la production et la fourniture d’un aussi grand nombre d’armements.

Bien que Jafari ait tenter de minimiser d’avance les dégâts en affirmant que le coût de ce projet d’ingérence dans le Moyen-Orient "n’avait rien à voir avec les dépenses des Américains dans la région", les réactions sur les médias sociaux indiquent que ces explications sont loin d’avoir convaincu les Iraniens.  

Dans le même discours, Jafari a également rappelé la part du lion des Gardiens de la révolution dans la politique de la théocratie iranienne. Sans y faire explicitement référence, le général est intervenu à propos des querelles qui divisent le gouvernement de Hassan Rohani et le Guide suprême Ali Khamenei sur le sujet des conventions relatives au GAFI (Groupe d'action financière ou en anglais, Financial Action Task Force FATF), un organisme intergouvernemental de lutte contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme.  

"Dans le cas où un courant politique tenterait d’orienter l’esprit de la population vers des concessions, le CGRI ne laissera sans doute pas faire", a lancé Mohammad Ali Jafari, qui a encore une fois révélé la faiblesse du gouvernement devant un Guide suprême qui a les pouvoirs absolus et qui n’hésiterait pas à faire intervenir sa garde rapprochée pour asseoir sa volonté.

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