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54ème anniversaire de l'Organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran

fondateurs ompi
fondateurs ompi

Le 6 septembre 1965, trois intellectuels Iraniens fondent l’Organisation des Moudjahidine [des combattants] du peuple d’Iran.

Trois ingénieurs, Mohammad Hanifnejad, Saïd Mohsen et un ingénieur Asghar Badizadegan, décident de bâtir un nouveau mouvement d’opposition au 2e étage d’un petit appartement au 444, Boulevard Elizabeth, au nord-est de la capitale iranienne.

Le mouvement s’inspire d’un Islam progressite qui défie dès sa naissance l’intégrisme islamique implantée de longues dates en Iran. Il s’oppose à toute forme de contrainte imposée à la société sous le nom de l’Islam, que ce soit en matière libre expression de sa pensée qu’en matière des comportements sociaux comme le choix de son mode vestimentaire.

Le mouvement s’oppose rigoureusement au conflit athée-musulman que les intégristes menés par le clergé ont imposé à la société, pour souligner que le principal conflit s’annonce entre les tyrans et les opprimés.

S’appuyant sur ces principes qui sont nouveaux dans la société d’Iran de cette date, les fondateurs du mouvement proclameront leur aspiration à la démocratie et à la souveraineté populaire, dont ils paieront un lourd tribut dans les années qui suivront.

Les premiers recrus sont principalement choisis dans les milieux de jeunes intellectuels et universitaires. De 1965 à 1969, le mouvement se consacre à la formation des cadres dirigeants et à l’élaboration d’une stratégie dans la lutte pour la démocratie en Iran.

Les fondateurs du mouvement sont convaincus que le combat pour la démocratie est avant tout une science qui s’acquière. C’est pour cela qu’ils se lanceront dans une étude approfondie de toutes les philosophies et doctrines pour y trier tout ce qui peut leur servir dans cette lutte émancipatrice.

ompi Achraf 3

Célébration à Achraf 3

La grande rafle et les exécutions des années 1970

Les Moudjahidine du peuple se font connaître largement dans la société, par leur défense dans la Cour martiale dans laquelle ils défient le pouvoir en place et sa corruption

En hiver 1969, le mouvement commence à mettre sur place un réseau de résistants dans l’objectif de passer à l’action contre la dictature.

En août 1971, à la veille des festivités organisées par la monarchie des Pahlavi, le Chah ordonne une vaste rafle policière dans les milieux d’opposition qui pourraient se montrer trop encombrant lors des cérémonies auxquelles participaient de multiples chefs d’État.

Plus de 80 à 90% des membres de l’Organisation, dont tous les membres dirigeants sont victimes de ces rafles et se retrouvent incarcérés dans les geôles du monarque.

C’est un coup dure mais c’est aussi le début de la popularité des Moudjahidine du peuple, qui se font connaître largement dans la société, par leur défense dans la Cour martiale dans laquelle ils défient le pouvoir en place et sa corruption. Les textes de ces défenses circulent sous le manteau et de bouche à oreille, contribuant à un courant qui commence alors à naître dans la société en faveur des Moudjahidine du peuple.

Tentant de jouer la démotivation, les geôliers proposent à Mohammad Hanifnejad, le chef du mouvement, des repentirs publics en contrepartie de la vie sauve. Hanifnejad et les autres membres dirigeants refusent bien sûr de tourner la veste, ce qui leur coûtera la vie : les membres fondateurs du mouvement seront passés aux armes le 25 mai 1972.

De tous les membres dirigeants du mouvement, il ne restera alors que Massoud Radjavi, qui devra sa vie à une vaste campagne internationale menée par son frère juriste, Kazem Radjavi, qui parviendra à mobiliser de nombreux hommes politiques, notamment François Mitterrand, pour intervenir en faveur de son frère cadet auprès du Chah.

Célébration à Achraf 3

Célébration à Achraf 3

La Révolution antimonarchiste de 1979

Une banderole brandie lors des manifestations antimonarchistes de 1978 réclamant la libération des prisonniers politiques, notamment Massoud Radjavi et Moussa Khiabani

Les évènements révolutionnaires de 1979 et les mots d’ordre répétés par les manifestants réclamant la libération des prisonniers politiques, font finalement céder le régime monarchiste qui commence à libérer en séries les détenus politiques.

Massoud Radjavi et les autres membres dirigeants du mouvement font partie de la dernière série des détenus libérés le 20 janvier 1979. Les Moudjahidine prennent alors un part actif dans une Révolution qui avait d’ailleurs été bâtie sur leurs principaux mots d’ordre. Mais il ne leur reste que moins d’un mois avant la chute de la monarchie, ce qui ne suffira pas à empêcher le réseau clérical intégriste qui s’était accaparé du mouvement en jouant de sa démagogie habituelle, de prendre le pouvoir.

En moins de deux ans après la Révolution de 1979, les Moudjahidine du peuple se transforment en le plus grand mouvement politique de l’Histoire de l’Iran.

Dès l’avènement de Rouhollah Khomeiny, le fondateur de la dictature intégriste, les Moudjahidine du peuple ne cessent pas de lancer des mises en garde contre les exactions du nouveau régime, notamment la répression des femmes, des minorités et des opposants de tout bord. S’annonçant comme le premier défenseur de la liberté, le mouvement fait rapidement tâche d’huile, notamment parmi les jeunes et les intellectuels, pour se transformer en moins de deux ans, en le plus grand mouvement politique de l’Histoire de l’Iran.

Pendant ces deux ans cependant, le pays s’enfonce chaque jour d’avantage dans une dictature religieuse sans merci qui n’épargne ni les femmes, ni les étudiants, ni les minorités. Soixante-dix membres des Moudjahidine du peuple sont tués lors de ces deux années par des sbires khomeynistes.

Le 20 juin 1981, les Moudjahidine lancent un dernier teste du climat démocratique, en organisant une manifestation spontanée pour réclamer les libertés fondamentales. 500.000 habitants de Téhéran prennent part à cette manifestation qui n’avait pas été déclarée d’avance.

C’est du trop pour Khomeiny qui ordonne à sa garde (les Gardiens de la révolution) d’ouvrir le feu sur les manifestants et commence alors une résistance courageuse contre la tyrannie islamiste qui se poursuit jusqu'à aujourd'hui...

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