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L’impasse du régime iraniens face aux crises qui l’assaillent :

" Accorder des pouvoirs absolus au Guide suprême a été la plus grande erreur ! "

"La dure vérité est que la société peut commencer à s'effondrer. Cela peut être réalisé très rapidement ", déclare un homme du sérail dans la République islamique
"La dure vérité est que la société peut commencer à s'effondrer. Cela peut être réalisé très rapidement ", déclare un homme du sérail dans la République islamique

Face aux crises qui traversent le régime iranien, les personnages qui appartiennent toujours au sérail multiplient des déclarations qui auraient été passibles de poursuite judiciaires dans la République islamique, moins d’un an auparavant. Ces déclarations venant des personnes qui ont eux-mêmes occupé d’importantes postes dans la hiérarchie du pouvoir dans le passé, vont jusqu’à remettre en question la forme-même du régime et les pouvoirs absolus qu’il offre au Guide suprême.

Mostafa Tajzadeh qui a occupé d’importants postes dans les ministères de l’Orientation islamique (ministère de la culture, ndlr) et de l’Intérieur dans le passé, remet en question la place de ce Guide suprême dans la République islamique.

"La première et la plus grande erreur de tous les temps, a été d'introduire un Guide suprême à la tête de l’État (…) Ceci a défiguré le sens de la république au profit d'une forme de despotisme", reconnaît Tajzadeh, quarante ans après l’avènement de la République islamique.

"Dans la Constitution, nous avons offert des pouvoirs absolus au Guide suprême qui renie la responsabilité des hommes (...) Cela suffit à rendre le système politique tout entier complètement inefficace", ajoute l’ancien lieutenant de Mohammad Khatami.

Evidemment, un homme qui a longtemps occupé des postes clé de la République islamique qui supposent de nombreux tests de fidélité, n’a pas découvert du jour au lendemain, quarante ans après l’avènement de la République islamique, qu’une erreur a été commise dans la Constitution, qui est d’avoir offert d le pouvoir absolu à un Guide religieux. Ces propos sont en fait la traduction d’une impasse du pouvoir clérical face à une société en pleine ébullition et des crises internationale qui l’ont pris en étau.

"Résoudre la crise d’un système dépourvu d'avenir et résoudre les craintes pour l'avenir ne peut se faire par des promesses, des discours et/ou des rapports. Aujourd'hui, les propos apaisants tenus par des hommes politiques et des dirigeants ne sont plus efficaces ", remarque à son tour Jabbar Rahmani, un sociologue proche du régime iranien, cité par l'agence de presse Irna, le 1er octobre.

Faezeh Hashemi, la fille de l'ancien président iranien Ali Akbar Hachemi Rafsanjani (aujourd'hui décédé), a également fait des commentaires du même genre à EuroNews.

" Nous ne pouvons pas diriger le pays avec des politiques qui remontent aux premières années qui ont suivi la révolution de 1979... le statu quo est devenu si critique que Mesbah Yazdi (un ayatollah proche de Khamenei) dit que nous avons moins de cinq amis dans le monde ", dit-elle.

Ali Younesi, ancien ministre des Renseignement, a récemment remis en question l'épicentre de toutes les politiques énoncées dans la constitution du régime.

"Je suggère aux gens du ministère du Renseignement de ne pas s'opposer au peuple. A l'intérieur du pays, soyez très prudent pour éviter de prendre des mesures contre la population", a-t-il averti.

Tous ceux qui sont en recherche d’une issue aux crises actuelle du pouvoir iranien s’accordent sur une nécessaire restructuration dans l'appareil gouvernemental du régime.

"Les méthodes et les politiques doivent changer, et des réformes sont nécessaires dans la structure de l'État ", selon l'ancien président du régime iranien Mohammad Khatami.

Faezeh Rafsanjani a également reconnu : " Nous devons accepter le fait que nous avons fait des erreurs. Si les politiques étaient correctes dans le passé, elles ne le sont plus aujourd'hui. Nous n'avons pas d'autre choix."

"La dure vérité est que la société peut commencer à s'effondrer. Cela peut être réalisé très rapidement ", déclare Rahmani.

Depuis le soulèvement de décembre et janvier, diverses personnalités au sein du régime iranien ont exprimé de telles préoccupations. Depuis que le peuple a commencé à réprimer le régime des mollahs dans son intégralité, et en particulier à cibler Khamenei lui-même, ces personnalités ont commencé à comprendre que leurs jours étaient comptés.

Or, il faut se mettre en évidence que la République islamique n’est pas réformable. Khamenei a lui-même répété à maintes reprises cette formule : " Tout changement de comportement aboutira à un changement de régime."

Lors des révoltes de décembre et janvier, les manifestants répétaient :

"Réformistes, conservateurs, le jeu est bien fini !"

 

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