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9 janvier 1851

Assassinat du chancelier iranien, Amir Kabir

Le premier vrai réformiste iranien

Le chancelier iranien, Mirza Taqi Khan Amir Kabir
Le chancelier iranien, Mirza Taqi Khan Amir Kabir

Le 9 janvier 1851, le chancelier iranien, Mirza Taqi Khan Amir Kabir, est assassiné par les bourreaux du Roi Nassereddine, de la dynastie des Qajar.

Fils du cuisinier de Qaem Maqam Farahani, le chancelier du Roi (Mohammad Chah), il impressionne par sa grande aptitude à apprendre et sera pris en charge par le chancelier qui lui inculquera des idéaux progressistes et les sciences nouvelles de son temps.

Le jeune homme grimpera rapidement dans la hiérarchie du pouvoir, pour devenir en un premier temps le gouverneur de la province d’Azerbaïdjan, alors la plus importante du pays.

C’est à la mort du Roi (Mohammad Chah) qu’il sera projeté au-devant de la scène. La Cour impériale se tiraille entre deux tendances prorusse et probritannique pour s’accaparer le pouvoir. Amir Kabir interviendra pour jouer de son influence et placer le jeune dauphin, Nassereddine, à la tête de la monarchie. Le monarque est encore trop jeune pour être sous l’influence de l’une ou l’autre des deux tendances. Amir Kabir qui deviendra lui-même le chancelier, s’achètera par ce geste la haine des deux tendances de la Cour impériales, ainsi que de la Russie et de la Grande Bretagne qui voient ainsi leurs intérêts remis en question.

 

La modernisation

A la tête de la chancellerie, Amir Kabir modernisera l’institution iranienne. Il jettera aussi les premières bases de l’industrie nationale en mettant sur pied plusieurs grandes usines. Il commencera la construction du premier grand réseau routier du pays. Il mettra également en place le premier système des postes et communications de l’Iran. Côté Santé enfin, il imposera un système de vaccination gratuite contre la rougeole qui fait alors des ravages dans le pays.

Les réformes d’Amir Kabir s’étendent également au domaine de l’enseignement public. Il mettra en place le premier lycée du pays qui s’appellera Darolfonoune (" Maison des Sciences "). Il sera aussi le fondateur de la presse iranien, en publiant le premier quotidien du pays, le Vaqayeh Etefaqiah (" Evènements ").

 

Des réformés non appréciées dans le sérail

Or, la grande féodalité fortement implantée dans la Cour impériale n’appréciera guère ces réformes. Elle commence donc à jouer de son influence sur le Roi, qui n’est surtout pas devenu célèbre pour sa grande force de caractère.

Ces complots mèneront à la destitution d’Amir Kabir et à son exil à Kachan (à 120 km au sud de Téhéran).

Quarante jours après le début de son exil, une équipe de bourreaux mandatée par le Roi se rendra sur place à Kachan et assassinera l’ancien chancelier dans un bain public.

La destitution et l’assassinat d’Amir Kabir mettront un terme à la lancée qu’avait pris le pays sur la ligne du progrès pour plonger l’Iran dans des dizaines d’années d’obscurantisme qui ne sont toujours pas finies.

 

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