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18 octobre 1939

Assassinat de Farrokhi Yazdi qui excelle dans les poèmes à la gloire de la liberté

" Partout dans le monde récolte le respect, celui qui respecte du fond du cœur la liberté "

Poète, journaliste, rédacteur en chef, député et résistant : Farrokhi Yazdi fera tout dans sa vie pour défendre la liberté
Poète, journaliste, rédacteur en chef, député et résistant : Farrokhi Yazdi fera tout dans sa vie pour défendre la liberté

Comme l’indique son nom, Farrokhi Yazdi a été élevé dans le ville de Yazd, dans le centre de l’Iran. Il poursuivra l’école et le lycée jusqu’à l’âge de 16 ans, avant que l’adolescent très vite initié à l’art de rédiger des poèmes soit expulsé pour les poèmes qu’il récite contre le directeur et les enseignants du lycée.

Ceci ne l’empêchera pas d’exceller dans cet art qu’il utilise plus tard pour traduire ses aspirations à la liberté, dans les années où la Révolution constitutionnaliste est au comble de sa popularité.

Il rédige de nombreux poème à la gloire de la liberté, dont celui-ci dans les années 1930 :

Je le jure sur la dignité, la magnificence et la grandeur de la liberté,

C’est l’essence du monde, le nom de la liberté,

Partout dans le monde récolte le respect,

Celui qui respecte du fond du cœur la liberté,

Si tu épouses sur seule soumission d’un religieux,

Une pensée dénuée de liberté,

Le jour de la tyrannie sera mille fois pire,

Qu’être pieds et poings liés dans la nuit de la liberté,

Ce sera la résurrection ce jour-là,

Où les opprimés se soulèveront à la gloire de la liberté,

Si Dieu me laisse le temps un jour,

Je me vengerais des tyrans, pour la liberté

Cette soif de la liberté et de l’insoumission commencera alors à coûter chère à Farrokhi Yazdi. En 1909, à l’occasion de la Nouvelle année iranienne en printemps, alors que les poètes avaient l’habitude de réciter des poèmes faisant les louanges du Gouverneur de la province de Yazd, Farrokhi Yazdi récite ce poème qui lui vaudra d’être écroué :

Tu sais bien, je ne suis pas l’un de ces poètes flatteurs,

L’un de ces baisemains qui le font pour l’argent,

Mais je sais bien que si t’avais pris ce poste légalement,

Tu n’auras pas de meilleur destin que la glace qui fond en printemps et les tyrans déchus

En prison, le Gouverneur de Yazd ordonne qu’on lui coud les lèvres pour qu’il ne puisse plus réciter des poèmes.

Il reste un an en prison avant d’en sortir et de s’installer à Téhéran.

D’une prison à l’autre

C’est là où il s’engage davantage dans la lutte pour la démocratie. Il commence par des poèmes sur la liberté qu’il fait publier dans la presse. Lors de la première guerre mondiale, il s’exile en Irak, om il est poursuivi par l’armée britannique qui supporte mal ses efforts pour promouvoir l’idée de l’indépendance et de la démocratie.

De retour au pays il est victime d’un attentat des services russes en Iran, dont il sortira vivant, avant de s’opposer à l’accord de 1919 qui offre au Royaume Uni de diriger officiellement l’armée et le gouvernement iranien. Cette opposition lui vaudra encore une longue incarcération à la prison de la police. Il en ressort pour s’opposer encore au coup d’Etat de 1920 de Reza Khan qui deviendra le fondateur de la Dynastie Pahlavi, ce qui lui vaudra encore une période de prison.

Le journaliste et le député

En 1921, Farrokhi Yazdi publie le journal Toufan dont il devient le rédacteur en chef. Ce journal sera interdit à quinze reprises lors de sa publication, pour des propos hostiles à la tyrannie en place. Mais Yazdi ne cède pas : il a cinq autres publications dans lesquelles il continue ses poèmes en faveur de la liberté.

En 1928, Yazdi est élu député de la ville de Yazd à l’Assemblée nationale, où il représentera avec un seul autre député, le groupe de l’opposition à Reza Khan. Il est constamment humilié pour cela par les députés du pouvoir en place. Il est même passé au tabac par l’un d’entre eux, avant de ramasser des menaces au mort qui l’obligeront de fuir clandestinement Téhéran.

La prison et son assassinat

Yazdi s’exile en un premier temps en Allemagne, avant d’être dupé par un ministre de Reza Khan (désormais devenu Reza Chah) qui lui promet la sécurité en cas de retour au pays. Il est interpellé peu après son retour, où il est jugé pour " insulte au Roi ", et condamné à 30 mois de réclusion.

En prison il sera tué dans le clinique par un médecin, par injection d’air. Les lieux où il a été inhumé restent toujours inconnus.

Des années plus tard, lors des réparations de la prison de Qasr, dans laquelle Yazdi a trouvé la mort, on découvre sur les murs d’une cellule individuelle des poèmes signés Farrokhi Yazdi. On y lit notamment :

Si on tue un innocent en prison dans les pires circonstances,

Le tyran qui égorge les innocents ne restera pas éternel non plus,

Que dire de la ville où le salaire des justes hommes par l’Etat,

N’est que la prison, la mort ou l’exil.

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