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Le bilan des droits humains en Iran 

Le nouveau chef cruel du pouvoir judiciaire

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Depuis la nomination d’Ebrahim Raissi en tant que nouveau chef du pouvoir judiciaire iranien, la situation des droits humains s’est rapidement détériorée dans le pays et au moins 44 personnes ont été exécutées.

Au début du mois de mars, Ebrahim Raissi, accusé de violation flagrante des droits humains, a été nommé chef du pouvoir judiciaire et quelques jours plus tard, il a été élu chef suppléant de l’Assemblée des experts, composée de 88 membres, qui est chargée de choisir le Guide suprême. Les militants des droits humains ont critiqué sa nomination à la tête du pouvoir judiciaire, affirmant qu'il était impliqué dans les « exécutions massives » de prisonniers politiques dans les années 1980. Raissi a siégé dans un comité de la mort composé de quatre personnes ayant ordonné l'exécution de plusieurs milliers de prisonniers politiques en 1988.

Depuis deux mois

L’un des derniers crimes de Raissi a été la flagellation et l’exécution secrète de deux mineurs âgés de 17 ans. Annoncées pour la première fois par Amnesty International, les exécutions ont été qualifiées de « déplorables » par la Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits humains, Michelle Bachelet. Plusieurs personnes ont également été exécutées pour des crimes non violents.

Les autorités ont pendu secrètement quatre prisonniers, condamnés à mort pour des infractions liées à la drogue à la prison centrale d'Arak à la fin du mois dernier. Les quatre prisonniers exécutés le 29 avril étaient Seyed Hamidreza Hosseinkhani, 37 ans, Majid Kazemi, 42 ans, Mohammad Hemmati, 26 ans, et Mohammad Davoudabadi, 26 ans.

C'était juste un jour après l’exécution, dans la prison centrale de Kerman, de l'étudiant universitaire Mohammad Bameri, âgé de 24 ans, impliqué dans le trafic de drogue pour se payer ses études. Le 27 avril, Kamal Shahbakhsh a été pendu dans la même prison sous une inculpation liée à la drogue. Deux prisonniers balouches, Dorhan Heydari et Mirhan Shah Ghasemi, ont été exécutés dans la prison centrale de Chiraz, pour meurtre et inculpation.

Arrestations de défenseurs des droits

L'ampleur des arrestations, des peines d'emprisonnement et des peines prononcées à l'encontre de militants et leur traitement cruel mettent en lumière les efforts extrêmes que le régime iranien a déployés pour réprimer la dissidence pacifique.

Plusieurs militants des droits des travailleurs, y compris des enseignants, ont été arrêtés lors de rassemblements à Téhéran le 1 er mai (Journée internationale du Travail) et le 2 mai (Journée des enseignants en Iran). Plusieurs d'entre eux sont en détention sans pouvoir consulter un avocat.

L'augmentation du salaire minimum est l'une des principales revendications des militants syndicaux lors des manifestations, qui se sont étendues à plusieurs autres villes iraniennes.

Dans un autre cas, le directeur général du département du renseignement de la province de l’Azerbaïdjan occidental a annoncé que des dizaines de personnes avaient été « arrêtées » pour avoir communiqué avec l’organisation iranienne des Moudjahidine du peuple (OMPI).

Dans des commentaires repris par l'agence de presse officielle, Fars, affiliée aux pasdarans, le responsable du régime a déclaré que 60 personnes avaient été arrêtées pour avoir communiqué avec l'OMPI, tandis que 50 autres avaient été identifiées et mises en garde verbalement.

Mahmoud Alavi, le ministre du renseignement du régime, a également annoncé que « au cours de la dernière année, 116 équipes liées à l'OMPI ont été arrêtées ».

La répression contre les femmes

Le régime a intensifié sa répression contre les femmes. Les militantes et les prisonnières politiques ne sont pas des exceptions. Le régime a également convoqué des centaines de conductrices à Téhéran pour les avertir de porter correctement le voile obligatoire à l'intérieur de leurs voitures.

Le 18 avril 2019, Amnesty International a publié une déclaration appelant le régime iranien à cesser de harceler, arrêter et emprisonner les défenseurs des droits des femmes qui manifestaient pacifiquement contre les lois iraniennes dégradantes et discriminatoires.

Amnesty International a également rappelé dans sa déclaration : « La pénalisation des femmes et des filles qui ne portent pas le voile est une forme extrême de discrimination fondée sur le sexe et un traitement cruel, inhumain et dégradant qui portent gravement atteinte à la dignité des femmes. Au lieu de persécuter et d’emprisonner les femmes qui luttent contre cette injustice scandaleuse, les autorités iraniennes devraient libérer immédiatement et sans condition tous les défenseurs des droits des femmes arrêtés pour leur activisme pacifique ».

Nomination de députés "intransigeants"

Ebrahim Raissi a limogé le 29 avril le procureur de Téhéran, Jafari Dolatabadi, inclus dans la liste des sanctions du Trésor américain et de l'Union Européenne, le remplaçant par Ali Alghassi-Mehr, ancien juge en chef de la province de Fars depuis septembre 2014 et procureur de Chiraz avant cela, pendant trois ans. Alghassi est un partisan des exécutions publiques.

Après que le département d'État américain eut classé les pasdarans en tant qu'entité terroriste étrangère, Alghassi-Mehr a annoncé qu'il « était également membre des pasdaran». Tout au long de sa carrière, Alghasi-Mehr a adopté une approche extrêmement dure de la justice pénale, notamment en préconisant les exécutions publiques et les amputations comme moyen de punition.

Il a lancé des mandats d’arrêt à l’encontre des chauffeurs routiers lors d’une grève à l’échelle nationale, il a imposé l’exécution de neuf prisonniers pardonnés par la famille de la victime, défendu les attaques, tués et blessés de manifestants à Kazeroun, entre autres crimes.

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