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La crise économique pèse sur le peuple iranien

La crise économique en Iran fait des ravages
La crise économique en Iran fait des ravages

Alors que l’économie iranienne est au prise avec une inflation aigue, le prix des pommes de terre a doublé pour atteindre 90 000 rials le kilo, soit environ 62 centimes d’euros au cours des dernières semaines.

Les représentants du secteur en Iran attribuent la hausse rapide des prix des fruits, aux exportations ; la monnaie iranienne dépréciée incite les commerçants à exporter plutôt qu'à vendre les produits dans le pays.

La même incitation à exporter a également affecté les prix des tomates et des oignons, et même de la viande de bœuf, subventionnée par le gouvernement.

Le rial iranien a quadruplé par rapport au dollar en 18 mois, ce qui donne l’apparence de prix bas par rapport à d’autres pays. Mais en monnaie locale, les prix sont montés en flèche pour les Iraniens dont les revenus sont en monnaie nationale.

Alors que 62 centimes d’euros le kilo de pommes de terre (27 centimes, la livre) peuvent sembler peu importants, le salaire minimum mensuel en Iran est d'environ 88 €.

Tabnak, un site d'informations iranien, indique que la hausse des prix est également liée aux inondations sans précédent de mars et avril de cette année, qui ont perturbé l'agriculture dans de nombreuses régions d'Iran.

Le 2 juillet, le ministère iranien de l’industrie, des mines et du commerce a interdit l’exportation d’oignons et de pommes de terre en avril, mais des hommes d’affaires et des privilégiés influents trouvent le moyen de continuer à tirer profit de la chute de la devise iranienne.

Les Iraniens, victimes de la crise du marché immobilier

Par ailleurs, les Iraniens sont victimes de la crise du marché immobilier que traverse le pays. Selon les médias, 30 % des Iraniens vivent dans des maisons louées, tandis que 2,5 millions de maisons sont inhabitées.

« 26,6 millions d'Iraniens vivent dans des maisons et des appartements sordides qu’ils louent », a écrit le journal Vatane Emrooz.

Le journal a déclaré que les propriétaires des 2,5 millions de logements inhabités refusaient de louer leurs logements ou ne les loueront qu'à des prix si exorbitants que presque personne ne pourra se permettre de payer leurs loyers.

Le prix du loyer dans les grandes villes est devenu un énorme problème pour les Iraniens vivant dans la pauvreté.

Les responsables du régime accusent les États-Unis et affirment que tous les problèmes économiques sont le résultat des sanctions. Ils disent que la corruption institutionnalisée et la mauvaise gestion du gouvernement ont peu à voir avec la crise économique en Iran.

Alors que les sanctions ont eu des effets très minimes sur de nombreux problèmes économiques, y compris le marché du logement.

Selon les dernières statistiques publiées par le ministère iranien des routes et du développement urbain, le prix du logement a augmenté en moyenne de 90 % au cours de l’année écoulée.

Un économiste proche du régime a récemment déclaré à l’agence de presse Tasnim que les sanctions américaines n’avaient pas affecté le marché immobilier iranien.

« Les sanctions n'ont pas affecté le marché immobilier », a-t-il déclaré, ajoutant que la hausse des prix avait débuté au second semestre de l'année dernière, alors qu'il n'existait toujours pas de sanctions globales.

Le marché du logement iranien est contrôlé par de riches mafias affiliées au régime. Divers responsables dominent également une grande partie du marché du logement, engrangeant des bénéfices. L’une des plus grandes fondations qui contrôlent le marché du logement est la société islamique Bonyad, propriété du Guide suprême iranien.

Il ne s’agit que de l’une des nombreuses fondations et institutions contrôlées par Ali Khamenei, dont la valeur nette des richesses est estimée à 200 milliards de dollars (176 milliards d’euros environ).

Le 25 juin 2019, dans une initiative sans précédent, le président américain Donald Trump a imposé des sanctions au Guide suprême de la République islamique d’Iran ainsi qu’au bureau de ce dernier. Selon un communiqué de la Maison-Blanche, « L’ordre du président empêchera les dirigeants iraniens d’avoir accès à des ressources financières et autorisera le ciblage de personnes nommées à un certain poste ou à une autre fonction par le Guide suprême ou le bureau du Guide suprême ».

Le Projet immobilier Mehr, qui a débuté sous la présidence de Mahmoud Ahmadinejad, est une autre institution responsable de la crise du logement en Iran. Il est actuellement sous le contrôle du Corps des gardiens de la Révolution islamique (les pasdarans).

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