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Le dauphin de Khomeiny conteste le massacre des prisonniers politiques

" Épargnez du moins les femmes qui sont mères de famille "

Hossein Ali Montazeri, alors dauphin de Khomeyni, contestera le massacre de prisonniers politiques
Hossein Ali Montazeri, alors dauphin de Khomeyni, contestera le massacre de prisonniers politiques

Le 31 juillet 1988, le dauphin de Khomeiny, conteste dans une lettre au fondateur de la dictature religieuse de l’Iran, la fatwa de celui-ci pour une extermination de tous les opposants qui se trouvent dans les prisons iraniennes.

Dans sa lettre à Rouhollah Khomeiny, l’Ayatollah Hossein Ali Montazeri souligne que ce degré de barbarie n’a rien de profitable pour le pouvoir en place. " Si vous vous obstinez à cette fatwa, ordonnez du moins que le détenu n’écope de la peine capitale qu’en cas d’unanimité dans le comité tripartite rassemblant le juge, le Procureur et le représentant des services secrets ", demandent-il pour limiter les dégâts.

" Ordonnez du moins qu’on épargne les femmes, surtout celles qui sont mères de famille ", supplie-t-il encore, avant de soutenir que " l’exécution de quelques milliers de personnes en moins de quelques jours ne va certes pas déclencher une bonne réaction, sans compter qu’une telle intensité ne pourra pas éviter les erreurs ".

La réponse de Khomeiny ne va pas tarder à venir : l’Ayatollah Montazeri sera aussitôt démis de ses fonctions de n°2 du pouvoir en place, avant d’être mis en garde à vue.

La portée de cette opposition ne se limitera pas cependant dans le temps. En août 2016, le fils de l’ayatollah, Ahmad, publiera des fichiers sonores de la rencontre en 1988 de son père (décédé en 2009), avec les membres du comité constitué par Khomeiny pour effectuer les massacres dans les prisons. Ces derniers sont venus voir Montazeri pour obtenir son aval. Mais l’Ayatollah rechignera davantage encore.

" À mon avis, vous avez commis les pires crimes commis dans la République islamique, depuis son avènement", l’entend-t-on dire à ses interlocuteurs, dans ce fichier.

" L’Histoire nous condamnera pour ces crimes et enregistrera vos noms dans son registre des criminels ", ajoute Montazeri.

C’est dans cette rencontre que le n°2 du régime iranien réprimande les auteurs des crimes d’avoir, " tuer une femme enceinte à Ispahan ".

" Les gens sont tous écœurés par le Guide suprême, après tous ces massacres ", ajoute encore l’Ayatollah Montazeri. C’était en 1988, il y a trente ans… On peut deviner quel est aujourd’hui l’état d’âme des Iraniens envers la théocratie qui les gouverne.

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