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13 octobre 2010

Décès de Marzieh, la Diva qui a chanté sur les chars des résistants

Marzieh fêtera son premier retour à la musique après l’avènement de Khomeiny, sur les chars des résistants anti-intégristes iraniens
Marzieh fêtera son premier retour à la musique après l’avènement de Khomeiny, sur les chars des résistants anti-intégristes iraniens

Achraf Al-Sadat Mortezaï qui choisira plus tard l’appellation de Marzieh pour son nom d’artiste, est née en 1924 à Téhéran, d’un père religieux et d’une mère artiste compilant la sculpture, la miniature et la musique, et qui fut plus tard son principal soutien pour démarrer une carrière de chanteuse.

Elle commence sa carrière à l’âge de 19 ans, chez les plus grands maîtres de la musique et de la chanson iraniennes.

Une carrière brillante

En 1943, trois ans après les débuts de Radio Téhéran, elle est l’une des premières chanteuses dont la voix est transmise régulièrement par ce média national. Elle grimpe très vite les échelons du succès et ses chansons motiveront trois générations du pays.

Elle excelle dans la composition des riches poèmes persans avec les mélodies orientales, laissant derrière elle quelques 2000 chefs d’œuvre de la musique iranienne. Ne se limitant pas dans un style particulier, elle chantera aussi bien dans le folklorique, que dans le moderne et le pop, ainsi que le traditionnel, ce qui lui permet de conquérir les cœurs de jeunes et vieux dans toutes les couches de la société.

De par son caractère personnel qu’elle dévoile dans de nombreux concerts et présentations publiques et radio télévisées, elle devient aussi l’ambassadrice de la culture iranienne.

marzieh

Ne se limitant pas dans un style particulier, Marzieh chantera aussi bien dans le folklorique, que dans le moderne et le pop, ainsi que le traditionnel

Réduite en silence par la dictature religieuse, elle rejoint les résistants

Avec l’avènement de la République islamique bouleverse la vie de tous les Iraniens. Dans l’idéologie khomeyniste la musique est un instrument de " provocation " immorale, à plus forte raison quand elle est chantée par une femme. Marzieh comme beaucoup d’autres de ses contemporains de la musique est réduite en silence. Elle vie longtemps dans un pavillon éloigné de la ville, dans la solitude, avant de choisir l’exil en 1994.

Dès ses premiers jours d’exil, Marzieh rejoint le Conseil national de la résistance iranienne (CNRI) après une rencontre avec Maryam Radjavi, la présidente de ce central d’opposition. Elle recommence alors à chanter et à organiser des concerts très en vue à travers les capitales européennes, dont à l’Olympia à Paris et à Albert Hall de Londres.

Mais avant ces concerts elle choisit d’organiser le grand concert fêtant son retour à la musique, sur les chars de l’Armée de libération nationale iranienne (ALNI), l’armée des résistants anti-intégristes iraniens (voir la vidéo ci-dessous).

Marzieh s’éteint le 13 octobre 2010 à Paris, suite à un cancer. L’Histoire retiendra d’elle le sens d’engagement mêlé à l’art… et quelques 2000 chefs d’œuvre.

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