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15 novembre 1914

Décès de Satar Khan, le Héros national de la Révolution constitutionnelle

Un personnage qui est toujours une source de motivation pour les combattants de la liberté

Satar Khan a été le commandant d’une résistance épique contre les forces armées de la dynastie Qajar
Satar Khan a été le commandant d’une résistance épique contre les forces armées de la dynastie Qajar

Le 15 novembre 1914, Satar Khan, le Héros de la Révolution constitutionnelle de l’Iran, décède à Téhéran, quatre ans après avoir été gravement blessé lors d’un assaut des forces armées de la dictature des Qajar à son siège dans la capitale iranienne.

Jeunesse

Né en 1868 dans un village proche de Tabriz, dans la province de l’Azerbaïdjan, au nord-ouest de l’Iran, Satar Qaracheh Daghi qui prit plus tard le surnom de Satar Khan (Satar le Grand), se familiarise dès son adolescence au tir, au sport équestre et à la lutte.

L’exécution de l’un de ses frères ainés, Esma’il, pour son opposition à la monarchie des Qajar qui règne alors d’une main de fer sur l’Iran, est le premier choc de sa vie et fera pousser les premières graines d’une carrière politique qui l’amènera à une lutte acharnée contre le pouvoir en place.

Après ce triste évènement, la famille de Satar Khan se reloge à Tabriz, dans le fameux quartier Amirkhiz. Il y devient très vite le Louti du quartier [Louti est une expression propre à la société iranienne et se dit au personnage qui se charge volontairement dans chaque quartier de protéger les femmes contre toute agression et de soutenir financièrement les plus démunis].

La résistance à Tabriz

Satar Khan (2e personne assise à partir de la droite) et Bagher Khan (2e personnes assise à partir de la gauche) au milieu de leurs troupes à Tabriz

Satar Khan (2e personne assise à partir de la droite) et Bagher Khan (2e personnes assise à partir de la gauche) au milieu de leurs troupes à Tabriz

Un évènement politique majeur vient alors bousculer la vie de Satar Kkan.

Le 23 juin 1908, la dynastie des Qajar s’attaque au Premier Parlement élu démocratiquement en Iran.

Le monarque, Mohammad Ali Chah, avaient dû se plier, il y a deux ans de cela, aux exigences de la révolution constitutionnelle de 1906 qui a eu pour ambition de soumettre la monarchie à un État de droit.

Dès les premières heures de la journée, les troupes impériales dirigées par un Russe, le colonel Vladimir Liakhov (eh oui ! un colonel russe qui dirige les troupes iraniennes !) encercle le Majlis, le Parlement, avant de commencer un tir d’artillerie enrichi sur le bâtiment. De nombreux députés et de démocrates ont été tués ce jour-là.

Tabriz étant l’épicentre du mouvement constitutionnaliste, le Roi ordonne alors la répression de cette ville et dépêche sur place une armée forte de 35 à 40.000 soldats. Satar Khan et son ami Bagher Khan organiseront la résistance de Tabriz qui est assiégé pendant onze mois par les forces gouvernementales qui y impose un embargo alimentaire.

Malgré une pression immense sur la population, Satar Khan et ses combattants appelés alors les Moudjahidine, tiendront bon et se déferont notamment de l’assaut de 7.000 hommes de la cavalerie des troupes loyalistes.

La victoire fera un grand bruit, non seulement en Iran, mais aussi dans la presse occidentale qui parle alors d’une résistance hors de commun.

La montée vers Téhéran et le complot

Satar Khan (sur le lit) après sa blessure, avec son ami Bagher Khan à son chevet

Satar Khan (sur le lit) après sa blessure, avec son ami Bagher Khan à son chevet

Le mouvement fera tâche d’huile dans la province du Guilan (dans le nord), dans les tribus Bakhtiari dans l’ouest et le sud-ouest, et dans la province d’Ispahan au centre de l’Iran et les troupes révolutionnaires finiront par vaincre Téhéran. Le nouveau gouvernement dirigé par Asad Bakhtiari invite alors Satar Khan et Bagher Khan de venir à Téhéran.

C’est au cours d’une longue marche glorieuse, accompagnée de bains de foule immense dans les villes qui se trouvent sur le chemin, que les deux héros de la résistance arrivent à Téhéran.

Certains historiens sont persuadés que cette invitation a été un complot du gouvernement en place pour se débarrasser de ces deux personnages trop radicaux aux yeux des politiciens qui cherchent un compromis avec la Cour impériale ainsi que les forces britanniques et russes présentes en Iran.

Quoi qu’il en soit, quelques jours à peine après l’installation des deux héros dans leur nouveau siège, le Parlement adopte une motion d’urgence d’un projet de loi sur le désarmement de toutes les forces non-gouvernementales.

Satar Khan et ses troupes armées qui l’ont suivi à Téhéran sont visiblement la cible privilégiée de cette nouvelle loi. Satar Khan refuse de rendre les armes. Le gouvernement dépêche alors sur place 3.000 forces armées pour se défaire de cette résistance. C’est lors de cet assaut qui coûtera la vie à 300 des Moudjahidine que Satar Khan est gravement blessé et ses deux tibias seront brisées. Il souffrira pendant quatre ans de ses blessures, avant de succomber le 15 novembre 1914.

Son nom est resté gravé dans les pages d’or de l’Histoire d’Iran et servira de source de motivation, beaucoup plus tard, aux jeunes opposants qui fonderont l’Organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran, dans les années 1960, pour combattre la dictature des Pahlavi, puis celle de la République islamique.

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