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25 mai 2018

Disparition de l’une des stars les plus populaires du cinéma iranien

Délit : Acteur du cinéma !

Naser Malek Motiee
Naser Malek Motiee

Le 25 mai 2018, Naser Malek Motiee, l’une des stars les plus populaires du cinéma iranien avant la République islamique a décédé à Téhéran à l’âge de 88 ans, suite aux insuffisances rénales.

Né en 1930 à Téhéran, le jeune Naser s’oriente d’abord vers des études d’EPS à l’issue desquelles il sera prof de gym dans les écoles et lycées de la capitale.

Il s’introduira dans le jeune cinéma iranien des années 40, dans un premier et bref rôle joué dans le film " Variété Bahari " (" Variétés printanières ") en 1949. C’est son troisième film " Velgard " (" Clochard ") en 1952 qui fera son apogée. En une vingtaine d’années, il jouera une centaine de films, dont le plus fameux sera " Qeysar " (" Le Kaiser ") en 1969 qui restera gravé dans les mémoires du cinéma iranien.

L’avènement de la République islamique de l’Ayatollah Khomeiny avec une idéologie intégriste qui s’opposera dès ses premiers jours à l’art, au théâtre, au cinéma et à la musique, marquera les jours sombres de Malek Motiee et de ses compagnons d’art.

Il sera malmené, humilié, emprisonné, traduit devant "un tribunal de la révolution" pour " corruption morale ". " Mais Monsieur, je n’ai tué personne ", dira-t-il à un religieux qui lui faisait pression dans la prison d’Evin de Téhéran pour qu’il fasse des repentirs publics. " Tu as fait pire avec tes films ", répondra l’interrogateur enturbanné.

Pour Naser c’est la déprime ; une déprime qui continuera dans les quarante années de la dictature religieuse, où la diffusion des portraits et films de Malek Motiee sera interdite par le pouvoir en place. L’ancien star refusera les offres du nouveau régime pour jouer dans des films de propagande pour le pouvoir en place, ce qui lui attirera encore plus les rancœurs des ayatollahs.

Il se convertira dans la pâtisserie puis dans l’immobilier pour gagner sa vie et n’apparaîtra plus jamais à l’écran. Il portera en cœur le grand chagrin de ne plus jamais jouer au cinéma, un moyen pour lui " de faire le bonheur des gens ".

Mais ces gens ne l’oublieront jamais. Une foule immense l’accompagnera le 27 mai 2018 dans sa dernière marche posthume vers le cimetière de Behesht-e Zahra, comme il le méritait. Cette dernière marche a donné lieu à des slogans de la foule contre le pouvoir en place et à l’assaut de la police contre la foule.

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