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28 novembre 1987

Dénouement controversé de l’Affaire Gordji

Le juge se suicidera !

Malgré des preuves accablantes, Wahid Gordji sera relâché comme monnaie d’échange contre les otages français
Malgré des preuves accablantes, Wahid Gordji sera relâché comme monnaie d’échange contre les otages français

Au début de l'affaire, Wahid Gordji est officiellement simple traducteur à l'ambassade d'Iran à Paris, mais officieusement numéro deux de cette ambassade. Sans disposer de l'immunité diplomatique, il travaille à la normalisation des relations entre les deux pays avec le Quai d'Orsay.

Dans le cadre de son enquête sur la série d'attentats de 1985-1986 (dont l'attentat de la rue de Rennes), le juge d'instruction Gilles Boulouque souhaite entendre Wahid Gordji, qui a fréquenté Mohamed Mouhajer et Fouad Ali Saleh.

Le juge demande son audition le 2 juin 1987. Le lendemain, les policiers ne le trouvent pas à son domicile : Wahid Gordji s'est réfugié à l'ambassade d'Iran, qui est mise sous surveillance. Le 2 juillet, l'affaire est rendue publique par les Iraniens au cours d'une conférence de presse.

Le 13 juillet, Jacques Chirac, alors Premier ministre, prévient les Iraniens que Wahid Gordji ne pourra rentrer en Iran qu'après avoir été entendu par la justice.

Le 14 juillet, les diplomates français à Téhéran sont pris en otage, ce qui provoque le 17 la rupture des relations diplomatiques entre les deux pays.

Entretemps, Charles Pasqua, qui négocie avec les Iraniens le sort des otages français détenus au Liban par le Hezbollah, souhaite proposer Wahid Gordji comme monnaie d'échange.

Le 28 novembre, deux otages, Roger Auque et Jean-Louis Normandin, sont libérés par le Hezbollah. Le lendemain, Wahid Gordji est entendu par le juge Gilles Boulouque qui, avec l'accord du procureur de la République de Paris, Michel Raynaud, ne retient aucune charge contre lui. Il est immédiatement expulsé vers l'Iran. Ce dénouement déclenche de vives critiques dans certains journaux et chez les partis de gauche.

Cet échange est le sujet d'une vive controverse entre Jacques Chirac et François Mitterrand, durant le débat télévisé du second tour de l'élection présidentielle de 1988. Au cours de ce débat, le président sortant, François Mitterrand, affirme " dans les yeux " que son Premier ministre de cohabitation, Jacques Chirac, lui aurait dit avoir des preuves de la culpabilité de Wahid Gordji, ce que ce dernier nie.

Le juge Gilles Boulouque, dont l'indépendance avait également été mise en cause par une partie de la presse, ainsi que par le Parti Socialiste et par le Syndicat de la magistrature, se suicida le 13 décembre 1990.

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