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26 juillet 1981

Exécution d’un haut responsable des Moudjahidine du peuple

Mohammad Reza Saadati pris en otage pour faire fléchir les Moudjahidine du peuple

Mohammad Reza Saadati au cours de son procès
Mohammad Reza Saadati au cours de son procès

Le 26 juillet 1981, Mohammad Reza Saadati, l’un des hauts responsables des Moudjahidine du peuple, est fusillé à la prison d’Evin de Téhéran.

Saadati était un ancien prisonnier politique du régime du Chah. Arrêté en printemps 1972 par la Savak (la police secrète du Chah), il restera en prison jusqu’en 1978, où sous la pression des manifestations populaires réclamant la libération des prisonniers politiques, il fut libéré.

Cette libération ne durera pas trop longtemps. Sous le nouveau régime, Saadati qui est maintenant l’un des hauts responsables des Moudjahidine du peuple, principal mouvement d’opposition au nouveau régime de l’Ayatollah Rouhollah Khomeiny, est arrêté de nouveau le 12 mai 1979, par les Gardiens de la révolution.

Le grand hasard veut que cette arrestation a lieu le jour-même où une délégation des Moudjahidine du peuple, conduite par Massoud Radjavi, rencontre l’Ayatollah Khomeiny, dans son siège à Qom. Dans cette rencontre, le fondateur de la République islamique tente d’obtenir l’allégeance des Moudjahidine du peuple à son pouvoir absolu. L’arrestation d’un de leurs hauts responsables à Téhéran, a donc tout d’une prise d’otage pour assouvir ses visées politiques.

Saadati est accusé d’" espionnage pour les soviétiques", une accusation des plus absurdes, compte tenu des précédents du mouvement et du statu quo dans le pays. L’accusation est si absurde qu’elle soulève un tollé général parmi toutes les forces d’opposition. L’Ayatollah Mahmoud Taleghani, un religieux qui a tout fait pour contrecarrer l’avènement d’une dictature religieuse, s’est notamment moqué de l’accusation en affirmant : " Je ne sais pourquoi on n’arrête que des espions de l’Union soviétique dans ce pays !". Le religieux progressiste ajoute que " cette affaire n’a rien à voir avec l’espionnage !".

Les Moudjahidine ne fléchiront pas à Qom, ce qui coûtera une peine de réclusion de dix ans pour Mohammad Reza Saadati, prononcée par un tribunal de la révolution à Téhéran.

Le 27 juin 1979, Saadati entame une grève de la faim pour protester contre cette injustice. En même temps, les familles des martyrs des Moudjahidine du peuple mèneront une grève de la faim dans un sit-in devant le Palais de justice de Téhéran, qui durera une quarantaine de jours.

Des comités de " défense de Saadati " se constitueront à travers tout le pays et mèneront des manifestations pour réclamer son libération.

Entre-temps commence l’époque de la " Terreur noire " où la nouvelle dictature de Khomeiny mènera une répression sans merci contre les opposants. C’est peu après le début de cette époque que Saadati est fusillé à la prison d’Evin, alors qu’il était en train de purger sa peine de prison. Le " maintien de ses liens avec les Moudjahidine du peuple " sera évoqué par le pouvoir en place comme raison de cette exécution.

Et pour pousser à l’extrême l’aberration, le régime tentera de salir le nom de Saadati en publiant une soi-disant déclaration des repentirs de la victime.

Pourquoi ne pas avoir publié ces repentirs avant son exécution ? Pourquoi des repentirs alors que Saadati a été exécuté pour le maintien de ses liens avec les Moudjahidine du peuple ? Autant de questions que les autorités de la dictature religieuse se soucient peu de les répondre.

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