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10 novembre 1954

Exécution du ministre des Affaires étrangères du cabinet de Mossadegh

Le premier à avoir évoqué l’idée d’une république en Iran

Hossein Fatemi, le ministre des Affaires étrangères du deuxième cabinet de Mohammad Mossadegh, a été le principal instigateur de la nationalisation du pétrole, et le premier à avoir évoquer l’idée d’une république et de la chute de la monarchie
Hossein Fatemi, le ministre des Affaires étrangères du deuxième cabinet de Mohammad Mossadegh, a été le principal instigateur de la nationalisation du pétrole, et le premier à avoir évoquer l’idée d’une république et de la chute de la monarchie

Le 10 novembre 1954, Hossein Fatemi, le ministre des Affaires étrangères du cabinet de Mohammad Mossadegh, déchu par un coup d’État, le 18 août 1953, est fusillé sur ordre du Chah d’Iran, Mohammad Reza Pahlavi.

Jeunesse

Né en 1917 dans une famille religieuse dans la vile de Nain, dans la province d’Ispahan, Fatemi s’intéresse à une carrière de journalisme dès son adolescence, avant de monter à Téhéran en 1937, pour une carrière professionnelle qu’il commence dans le journal Setareh, où il commence à exprimer son opposition à la monarchie. Repéré par la police de la capitale après un article intitulé " Oh les pigeons ", il est souvent harcelé par des menaces et il décide de revenir à Ispahan pour devenir l’éditorialiste du journal Bakhtar. C’est dans l’un de ses éditoriaux qu’il fustige les députés du Parlement pour leur absence de volonté de résoudre les fléaux du pays et d’être des marionnettes du roi ; ce qui lui vaudra d’être incarcéré. Il sera libéré après le renversement de Reza Pahlavi, le premier roi de la dynastie Pahlavi, par les britanniques qui lui préfère son fils Mohammad Reza.

Mais rien n’a changé pour Hossein Fatemi qui continue ses critiques contre la corruption et la dépendance de la Cour impériale, par des articles qui lui coûteront une seconde période d’incarcération.

Loin de baisser les bras, dès sa sortie de la prison, Fatemi commence à republier le journal Bakhtar, cette fois à Téhéran. Ce journal deviendra très vite le principal organe de presse s’opposant au Chah.

L’approchement à Mossadegh

C’est dans ces activités de presse que Fatemi s’approche de Mohammad Mossadegh, alors député du Parlement, qu’il soutient dans ses articles.

Entre 1945 et 1947, Fatemi vient en France où il achève ses études en journalisme, en relations internationales et en sciences sociales.

De retour à Téhéran, il change le nom de son journal en Bakhtar-e Emrouz dans lequel il s’approchera de plus en plus à Mossadegh, et fera notamment partie des sept journalistes qui répondront à un appel au sit-in dans la maison du prochain premier ministre, contre les manipulations de la Cour impériale dans les élections législatives. C’est lors de ce sit-in, le 22 octobre 1949 que Fatemi proposera la constitution du Front national iranien qui deviendra le mouvement politique dirigé par Mossadegh et dont Bakhtar-e Emrouz sera son organe de presse.

C’est grâce à ces activités que Mossadegh sera élu au Parlement où il devient le pionnier de la politique de la nationalisation du pétrole iranien. Devenu premier ministre, Mossadeg choisit Fatemi comme son adjoint politique et parlementaire, et le porte-parole de son gouvernement.

Aux prochains élections législatives, Fatemi démissionne de ses fonctions au gouvernement pour être élu au Parlement.

Attentat d’un extrémiste religieux

Le 14 février 1952, Hossein Fatemi est sauvé in extrémis d’un attentat d’un extrémiste religieux

Le 14 février 1952, Hossein Fatemi est sauvé in extrémis d’un attentat d’un extrémiste religieux

Le 14 février 1952, alors que Fatemi, député en train de prononcer un discours sur la tombe de son ami, Mohammad Massoud, un journaliste assassiné dans un attentat à Téhéran, un extrémiste religieux lui tire une balle dans la poitrine. Fatemi est sauvé in extrémis.

Ministre des Affaires étrangères

En septembre 1952, Hossein Fatemi est nommé ministre des Affaires étrangères du deuxième cabinet de Mohammad Mossadegh, dont il est désormais le plus fidèle compagnon.

Le 20 janvier 1953, suite à la révélation des preuves sur les activités d’espionnage britanniques en Iran, le nouveau ministre ferme l’ambassade du Royaume Uni à Téhéran et expulse ses diplomates du pays. " Pendant un siècle, le colonialisme a tenté de briser la grande nation iranienne ", écrit Fatemi après cette décision.

Selon Mohammad Mossadegh, c’est Fatemi qui a proposé le premier la politique le na nationalisation du pétrole iranien, alors sous contrôle des britanniques.

Le Coup d’État

Hossein Fatemi, lors de son arrestation, au bureau du Gouverneur de Téhéran, le Général Teymour Bakhtiar (assis)

Hossein Fatemi, lors de son arrestation, au bureau du Gouverneur de Téhéran, le Général Teymour Bakhtiar (assis)

Le 14 août 1953 un premier coup d’État de la Cour impériale contre le cabinet de Mossadegh échoue. De peur des représailles, le Chah, Mohammad Reza Pahlavi, fuit l’Iran pour Bagdad. Arrêté le matin, Fatemi est libéré le soir même, après l’échec du coup d’État.

Il fustige alors le Chah, dans les articles qu’il écrit toujours dans Bakhtar-e Emrouz et réclame ouvertement la chute de la monarchie et l’avènement d’une république. " Le traitre qui a tenté de lancer un bain de sang dans le pays a pris la fuite ", titrera-t-il notamment dans son journal, le jour de la fuite du Chah.

Or, quatre jour après le premier coup d’État, un second a lieu le 18 août 1953. Tôt dans la matinée, un groupe de matraqueurs embauchés par la Cour impériale saccage les bureaux de Bakhtar-e Emrouz.

Fatemi entre dans une période de vie en clandestinité, avant d’être découvert et arrêté le 25 février 1954.

Le 13 mars, alors qu’il était emmené pour un interrogatoire au bureau du Gouverneur militaire de Téhéran, il est attaqué par un groupe des matraqueurs qui le ruent de huit coups de couteau dans la poitrine. Il est sauvé par sa sœur qui se jette sur lui au prix de recevoir elle-même onze coup de couteau.

Exécution

Hossein Fatemi est condamné à mort par une Cour martiale le 28 septembre. Il est fusillé le 10 novembre 1954, par le Général Teymour Bakhtiar, le Gouverneur militaire de Téhéran, et le Général Nematollah Nasiri, le commandant de la Garde impériale, qui lui tirent personnellement dessus. C’est malade et fiévreux que Fatemi a été amené sur un brancard pour être fusillé.

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