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Iran – Un dignitaire religieux :

" Il faut mettre en morceaux les journalistes indépendants ! "

Mohsen Qaraati, un haut dignitaire religieux de la République islamique justifie l’assassinat des journalistes opposants.
Mohsen Qaraati, un haut dignitaire religieux de la République islamique justifie l’assassinat des journalistes opposants.

Un haut dignitaire religieux de la République islamique a menacé de mort les journalistes indépendants.

" Ceux qui diffusent des nouvelles pour provoquer des séismes dans la société et engendrer l’effondrement des convictions, doivent être mis en morceaux ", a dit Mohsen Qaraati, le chef de l’organisation des prières collectives de vendredi, une cérémonie hebdomadaire organisée par l’État.

" Toutes les religions sont convaincus que si quelqu’un provoque des chocs, des séismes et des agitations parmi la population, il faut le punir sévèrement. Ce n’est pas seulement l’Islam qui le dit et cela n’a rien à voir avec la violence ", s’est expliqué le célèbre religieux, lors d’un discours à la faculté de médecine de l’Université de Téhéran.

Qaraati a ensuite affirmé que " l’actualité doit être constructif " et " on ne doit pas diffuser n’importe quelle nouvelle ". Si une nouvelle profite à " l’ennemi ", " il n’y a pas nécessaire de la diffuser ".

" Choisir un titre qui pourrait servir de sujet à l’ennemi est contraire au Coran", a-t-il encore dit aux journalistes.

Ces propos qui ont été prononcés en public ont tout d’une fatwa de mort. C’est avec le même genre de raisonnement que les dignitaires religieux de la République islamique ont éliminé des milliers d’opposants lors des quatre décennies de leur règne. En 1988, l’Ayatollah Rouhollah Khomeiny, le fondateur de la République islamique a donné une fatwa qui a abouti à l’extermination de 30.000 prisonniers politiques. En 1989, le même Khomeiny a donné une autre fatwa pour le meurtre de l’écrivain britannique, Salman Rushdie. Puis dans les années 1990, alors que des soi-disant " modérés ", Ali Akbar Hachemi Rafsandjani et Mohammad Khatami étaient présidents de la République islamique, les services secrets iraniens ont liquidé plus de 80 écrivains, traducteurs, poètes, militants politiques et citoyens ordinaires sur la base d’une fatwa donnée par un autre haut dignitaire religieux du pouvoir iranien, l’Ayatollah Mohammad-Taqi Mesbah Yazdi. Les cas énumérés ne sont que les plus connus ; le mécanisme des fatwas pour légitimer les assassinats est un fonctionnement qui remonte à l’apparition du clergé sous les Séfévides (1501-1736). Avant cette date, il n’y avait pas de clergé professionnel avec les habits et les coutumes qui sont restés jusque dans la République islamique.

 

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