728 x 90

4 mai 1988

La fin de l’Affaire des otages français de Beyrouth

Des monnaies d’échange dans le contentieux franco iranien

Carton, Kauffmann et Fontaine, libérés le 4 mai 1988
Carton, Kauffmann et Fontaine, libérés le 4 mai 1988

Marcel Fontaine et Marcel Carton, tous deux fonctionnaires du ministère français des Affaires étrangères en poste au Liban, sont enlevés le 22 mars 1985 à Beyrouth-Ouest.

Le lendemain, Gilles Sidney Peyrolles, directeur du centre culturel français de Tripoli, subit le même sort par les Fractions armées révolutionnaires libanaises (FARL). Jean-Paul Kauffmann, journaliste, et Michel Seurat, sociologue, sont enlevés le 22 mai 1985, alors qu'ils se trouvaient sur la route de l'aéroport. Michel Seurat devait mourir en captivité en mars 1986. Ces enlèvements sont revendiqués par l’organisation intégriste libanaise pro-iranienne du Jihad islamique qui exige la fin de l’aide française à l’Irak alors en guerre contre l’Iran, tandis que les FARL réclament la libération du terroriste libanais Georges Ibrahim Abdallah. Selon le journaliste Dominique Lorentz, ces enlèvements et la libération éventuelle des otages entraient dans le cadre du contentieux entre Paris et Téhéran concernant le consortium d'enrichissement d'uranium Eurodif. Leur longue captivité suscitera une vaste mobilisation de la presse et de l'opinion publique.

D’autres enlèvements suivent en 1986 : le 8 mars, c’est le tour d’une équipe d’Antenne 2, constituée de Philippe Rochot, Georges Hansen, Aurel Cornéa et Jean-Louis Normandin. Ils avaient été envoyés d'urgence au Liban à la suite de l'annonce de "l'exécution" de Michel Seurat par le Jihad islamique. On supposera plus tard que sa mort a été causée par un cancer ou par une hépatite fulgurante. L'équipe d'A2 venait de filmer une manifestation du Hezbollah à la mosquée de Bir el Abed qui marquait le premier anniversaire d'un attentat à la voiture piégée. L'enlèvement est revendiqué par l'OJR (Organisation de la Justice Révolutionnaire).

Philippe Rochot et Georges Hansen sont libérés en juin, Aurel Cornéa en décembre de la même année et Jean-Louis Normandin le 27 novembre de l’année suivante, en même temps qu’un autre journaliste, Roger Auque, enlevé en janvier 1987. Entre-temps deux autres Français ont été enlevés et libérés à Beyrouth : Camille Sontag, Marcel Coudari et un militaire français.

Jean-Paul Kauffmann, Marcel Carton et Marcel Fontaine sont libérés à Beyrouth le 4 mai 1988. Ils sont accueillis le lendemain à l’aéroport de Villacoublay par Jacques Chirac et Charles Pasqua.

Les relations diplomatiques entre la France et l’Iran reprendront le mois suivant. Beaucoup se sont interrogés sur les conditions de cette libération, intervenue entre les deux tours de l’élection présidentielle. L’expulsion de Massoud Radjavi, le dirigeant des Moudjahidine du peuple qui avait trouvé refuge en France dans les années 80, a notamment été attribué au déroulement de cette affaire des otages.

Recommandés

Derniers infos et articles