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GAFI : L’inextricable dilemme du pouvoir moribond en Iran

GAFI : L’inextricable dilemme du pouvoir moribond en Iran
GAFI : L’inextricable dilemme du pouvoir moribond en Iran

Alors que le régime des sanctions et l'isolement diplomatique se resserrent autour du régime iranien et que l'espoir d'un mécanisme financier européen, INSTEX, est subordonné à la conformité de Téhéran au Groupe de travail sur les actions financières (GAFI - normes de lutte contre le blanchiment d’argent), même les partisans du plan de sauvetage européen sont de plus en plus pessimistes.

Un an après la sortie de l’accord nucléaire par les États-Unis et après des mois d’efforts européens visant à sauver l’économie en ruine de la théocratie au pouvoir, le ministre des Affaires étrangères des mollahs, Mohammad Javad Zarif, a exprimé sa déception face à l’orientation des événements.

«Un an après l'abrogation illégale de JCPOA par les États-Unis, l'Europe ne peut mobiliser sa volonté politique pour défier le terrorisme économique américain. Pas même en mettant en place un seul canal bancaire pour l'aide humanitaire », a écrit Zarif sur Twitter.

« E3 est plutôt occupé à apaiser DonaldTrump en exerçant des pressions sur l'ONU au sujet de nos capacités défensives », a ajouté Zarif en soulignant que "La Grande-Bretagne, la France et l'Allemagne recherchent un rapport complet sur l'activité des missiles iraniens".

La résolution 2231 du Conseil de sécurité des Nations Unies, adoptée après l'accord sur le nucléaire de 2015, appelle l'Iran « à ne mener aucune activité liée aux missiles balistiques conçus pour être capables de fournir des armes nucléaires ».

C’est la résolution qui a confirmé l’échec de l’accord nucléaire iranien.

L'agence de presse IRNA, proche des supposés «modérés», offre une perspective intéressante à ce sujet : «L’approbation des factures du GAFI [en Iran] est incertaine et, d’une certaine manière, sans espoir, alors que les administrateurs et les analystes du secteur bancaire ont averti à maintes reprises sur les conséquences de la non-approbation des factures pour le réseau bancaire [de Iran] ».

"Si nous ne signons pas cet accord international [FATF], chaque banque peut éviter de travailler avec nous avec cette excuse", a déclaré à IRNA Seyed Kamal Seyed-Ali, ancien gouverneur adjoint de la Banque centrale iranienne.

Seyed Reza Haji Aghamiri, membre de la Chambre de commerce, des industries, des mines et de l'agriculture de Téhéran, a pour sa part déclaré : « Il y a la question du GAFI qui, si elle n'est pas approuvée, augmentera l’approche négative à notre égard", a-t-il déclaré. «Sous prétexte de missiles balistiques et de soutien au terrorisme, les États-Unis et nos ennemis cherchent à paralyser notre économie et nous devrions être vigilants à cet égard et ne pas leur donner d’excuses. De manière générale, la nouvelle année (iranienne) sera difficile pour l’économie de notre pays. "

Mehdi Pazouki, ancien responsable iranien proche de la faction de Rohani et professeur d’économie à l’université de Tabataba'i en Iran, a braqué les projecteurs sur la faction rivale, celle du guide d’Ali Khamenei.

«Je pense que le Conseil d'expertise doit être responsable de ces décisions et en payer le prix. Si nous considérons que le gouvernement est responsable de l’escalade de l’inflation, si des problèmes se posaient pour le commerce avec d’autres pays au cas où le GAFI ne serait pas approuvé, la responsabilité incomberait au Conseil de discernement de l’Etat. Approuver le GAFI ne signifie pas que les problèmes économiques soient résolus. Les problèmes actuels sont enracinés dans notre gestion et nous devons être conscients qu’avec l’ignorance économique, on ne peut pas les résoudre. ”

L'insistance de la faction de Rohani pour approuver les projets de loi du GAFI et l'opposition constante de la faction rivale à l’adoption des normes de transparence financière internationales indiquent clairement que du point de vue du pouvoir iranien, il n'y a pas de bonne option table; juste un moindre mal.

De véritables réformes visant à respecter un minimum de transparence financière sont profondément contraire à la philosophie du régime islamiste. Les incertitudes actuelles sur le sort du GAFI en Iran ne sont que la manifestation des contradictions intrinsèques à régime structurellement irréformable et moribond.

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