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Iran – droits de l’Homme :

Indignation générale contre la peine odieuse prononcée contre la célèbre avocate Nasrin Sotoudeh

Nasrin Sotoudeh photographiée chez elle, en décembre 2014
Nasrin Sotoudeh photographiée chez elle, en décembre 2014

Une lourde peine de prison plus 148 coups de fouet prononcée contre la célèbre avocate iranienne Nasrin Sotoudeh, militante des droits de l’Homme et détentrice du Prix Sakharov, a soulevé une vague d’indignation sur la scène internationale.

"Nasrin Sotoudeh a été condamnée à cinq ans de prison pour conspiration contre le système et à deux ans pour avoir insulté le Guide" suprême Ali Khamenei, a déclaré lundi le juge Mohammad Moghiseh, à la tête de la cour révolutionnaire n°28 de Téhéran, a rapporté lundi l'agence de presse semi-officielle Isna.

La cour "a tenu une audience pour ce procès à laquelle ma cliente n'était pas présente et nous avons finalement compris que la cour l'avait condamnée par contumace", a affirmé à l'agence de presse officielle Irna, Mahmoud Behzadi-Rad, l'un des avocats de Nasrin Sotoudeh. Mahmoud Behzadi-Rad n'a pas précisé la date de l'audience, ni s'il y était présent.

Mais, selon son mari, Reza Khandan, il y a d'autres peines de prison qui ont été prononcées à l'encontre de cette militante des droits de l'homme, soit au total 33 ans d'emprisonnement et 148 coups de fouet pour sept chefs d'accusation.

Nasrin Sotoudeh purgeait déjà une peine de cinq ans d'emprisonnement pour "espionnage". Ce qui porte à 38 années au total. Mais dans le droit iranien, seule la peine d'emprisonnement la plus longue viendra s'ajouter à la première peine. En l'occurrence, la condamnation de dix ans de prison pour "incitation à la débauche", prononcée contre l’avocate pour avoir défendu les femmes qui ont protesté en public contre le port obligatoire du voile, en enlevant leur foulard, geste assimilable par la justice de la République islamique par une " incitation à la débauche ".

La Résistance iranienne condamne vigoureusement une " peine inhumaine"

La commission des femmes du Conseil national de la résistance iranienne (CNRI) a réagi à la peine prononcée par la justice des mollahs au pouvoir contre la célèbre avocate.

La commission des femmes du CNRI " condamne avec vigueur cette peine inhumaine et misogyne", indique un communiqué de ce conseil le 12 mars.

La France adresse son soutien à Nasrin Sotoudeh

S’exprimant à la tribune de l’ONU ouvrant la 63e commission de la condition de la femme, Marlène Schiappa, secrétaire d’Etat chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations, a adressé un salut de sororité et de soutien de la France à Nasrin Sotoudeh, avocate iranienne et militante des droits humains emprisonnée pour son combat en faveur des droits des femmes ainsi qu’ " aux courageuses militantes féministes dans le monde qui s’engagent parfois au péril de leur liberté."

Le Président de la République Emmanuel Macron a nommé symboliquement Nasrin Sotoudeh au conseil consultatif pour l’égalité femmes hommes du G7, laissant un siège vide lors de son installation en février dernier à l’Elysée, engagement qu’il a tenu à rappeler lors de la première remise du Prix Simone Veil le 8 mars 2019.

Le barreau de Paris "ne laissera pas tomber" Nasrin Sotoudeh

Les avocats du barreau de Paris ont fait part de leur soutien à leur consœur iranienne Nasrin Sotoudeh.

"C'est une avocate, parce qu'elle a fait son métier d'avocate, qui est ainsi traitée, s'est indigné le vice-bâtonnier de Paris, Basile Ader. C'est la négation de l'existence de la défense", a-t-il ajouté. Avec ses confrères, ils ont élu à l'unanimité Nasrin Sotoudeh "membre d'honneur" du barreau de Paris. "Il faut qu'elle sache qu'ici, on ne la laisse pas tomber", a insisté Basile Ader.

Le vice-bâtonnier de Paris réclame de la part de l'exécutif des sanctions, économiques ou diplomatiques, contre l'Iran. "Le président Macron a fait de l'égalité entre les hommes et les femmes et la défense du droit des femmes une des causes principales de son quinquennat. C'est le moment de le mettre en œuvre", a-t-il ajouté.

L’UE réclame un réexamen immédiat de la peine de Nasrin Sotoudeh

La récente condamnation de Nasrin Sotoudeh est " un développement préoccupant ", a déclaré Maja Kocijancic, la porte-parole pour les affaires étrangères et la politique de sécurité de l’Union européenne.

" Mme Sotoudeh, lauréate du prix Sakharov en 2012, a été condamnée à la suite d'un procès par contumace, qui a également donné lieu à plusieurs autres violations du droit à un procès équitable", remarque la porte-parole sur le site Web officiel de l’UE.

" L'UE s'attend à un réexamen immédiat de sa peine et à la condamnation de son mari, Reza Khandan, condamné à six ans d'emprisonnement en janvier 2019 ", ajoute le communiqué.

Amnesty Internationale : Une " injustice scandaleuse "

Dans un communiqué diffusé ce lundi, Amnesty International qualifie la condamnation de cette " éminente avocate iranienne des droits humains et défenseure des droits des femmes […] à 33 ans de prison et 148 coups de fouet " d’" injustice scandaleuse " et demande qu’elle soit " libérée immédiatement ".

" Nasrin Sotoudeh, écrit Amnesty, a consacré sa vie à la défense des droits des femmes et à la dénonciation de la peine de mort. Il est scandaleux que les autorités iraniennes la punissent pour son travail en faveur des droits humains. Sa condamnation renforce la réputation de l’Iran en tant qu’oppresseur cruel des droits de la femme ".

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