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Iran : deux Ahwazis exécutés après  des aveux extorqués sous la torture

30 ans de prison et le fouet pour un avocat des droits humains en Iran

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Les autorités en Iran ont exécuté deux Ahwazi, de la minorité arabe iranienne, le 4 aout à la prison Fajr de la ville de Dezfoul, dans le sud-ouest du pays, ont rapporté les médias officiels.

Abdullah Karmollah-Chab et Ghassem Abdullah ont été pendus après des mois de torture pour leur arracher de faux aveux.

L'agence de presse officielle IRNA a déclaré le 4 aout que les deux hommes avaient été condamnés pour « guerre contre Dieu » dans le cadre d'une attaque armée en octobre 2015, qui avait fait deux morts.

Les hommes, cependant, avaient nié toute implication dans l'attaque. Leurs avocats qui ont déclaré qu'il n'y avait pas de preuves les reliant à l'agression, avaient identifié des incohérences entre les « aveux » qui ont conduit à leur condamnation et les récits des témoins oculaires présents sur les lieux de l’attaque.

Le 19 octobre 2015, les deux hommes avaient été arrêtés par le ministère du Renseignement et placés à l'isolement dans un lieu inconnu pendant six mois. Ils avaient ensuite été transférés dans plusieurs centres de détention. Ils ont eu un accès extrêmement limité à leur famille par le biais d’appels téléphoniques irréguliers et à une seule visite.

Le 9 avril 2019, ils ont été transférés dans un centre de détention du ministère du Renseignement dans la province de Hamedan, où ils se sont vu refuser l'accès à leur famille.

Pendant son incarcération, Abdullah a dit à sa famille que les interrogateurs l'avaient soumis à des tortures physiques et psychologiques, notamment en le pendant à l'envers par les jambes et en le frappant, et en le soumettant à des simulacres d’exécutions, lui disant qu'ils l'enterreraient dans une tombe non marquée dans un « cimetière qui ne porte pas de pancarte ».

Pendant trois jours, il a dit à sa famille que les interrogateurs l'avaient réveillé en lui mettant un sac sur la tête comme s'ils allaient le prendre pour être exécuté, lui disant que s'il « avouait », il ne serait pas pendu. Il a rejeté ces tentatives de chantage, affirmant qu'il était innocent et qu'il n'avait commis aucun crime.

Le troisième jour, il a entendu l’un des interrogateurs dire : « Laissez-le partir. S'il avait quelque chose à avouer, il l'aurait déjà fait. »

Les deux hommes ont été empêchés de choisir des avocats, même pendant leur procès, et ont été représentés par un avocat commis d'office.

Lors de leur procès à Ahwaz le 22 juin 2016, ils ont enlevé certains de leurs vêtements pour montrer au tribunal des marques de torture sur leur corps.

Toutefois, aucune enquête n'a été ordonnée. La Cour suprême iranienne a par la suite annulé la déclaration de culpabilité et la sentence en raison de l'absence de preuves et d'enquêtes entachées d'irrégularités et a ordonné un nouveau procès. Le 6 juillet 2017, ils ont à nouveau été condamnés à mort.

En mai 2019, Amnesty International a exhorté le régime iranien à « les libérer à moins qu'il n'y ait suffisamment de preuves, non obtenues par la torture ou d'autres mauvais traitements, pour les inculper d'une infraction pénale reconnaissable » et « leur accorder un procès équitable, sans recours à la peine de mort ».

30 ans de prison et le fouet pour un avocat des droits humains en Iran

Par ailleurs, un tribunal à Téhéran a confirmé la condamnation à une lourde peine de prison et au fouet d'Amirsalar Davoudi, avocat des droits humains et défenseur de plusieurs militants politiques en Iran.

Mostafa Turk Hamedani, l'avocat d'Amirsalar Davoudi a tweeté le 30 juillet que son client avait écopé d'une peine de 30 ans et de 111 coups de fouet, « dont quinze ans sont incompressibles et exécutables », a twitté Me Turk Hamadani.

« Nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir en vertu de la loi pour exhorter le chef du pouvoir judiciaire et le Procureur général de Téhéran à annuler le verdict », a ajouté M. Turk Hamedani.

Avocat défenseur des droits humains et membre de l'association du barreau iranien, Amirsalar Davoudi a d'abord été condamné à 30 ans de prison et 111 coups de fouet en juin pour « outrage à autorité », « outrage au Guide suprême » et « propagande contre le système ».

Conformément à l'article 134 du Code pénal, qui stipule que, lorsqu'une personne est condamnée pour trois chefs d'accusation ou plus, elle purge la peine la plus longue prononcée pour l'infraction la plus grave, la durée effective de sa peine est de 15 ans.

Le chef d'accusation le plus long pour lequel il a été condamné est celui de « formation d'un groupe dans le but de troubler la sécurité nationale », en rapport avec sa chaîne Telegram.

Il a refusé de faire appel et le verdict a été automatiquement confirmé le mardi 30 juillet.

En outre, Davoudi a été condamné à 111 coups de fouet, à une amende de 60 millions de rials (environ 1410 $) et à la privation de ses droits sociaux pendant deux ans, si tant est qu’il existe des droits sociaux sous le régime des mollahs.

Amirsalar Davoudi a d'abord été condamné par un « tribunal révolutionnaire » pour « propagande contre l'Etat » et « outrage à des autorités ».

Dans un communiqué publié en juin 2019, Amnesty International avait souligné : "Cette sentence d'une dureté choquante est une injustice scandaleuse. Amirsalar Davoudi est ouvertement puni pour son travail de défense des droits de l'homme."

« Amirsalar Davoudi est la dernière victime d'une répression brutale menée par les autorités iraniennes contre les avocats des droits humains ces deux dernières années, qui a vu les tribunaux iraniens prononcer des peines de plus en plus sévères pour les empêcher de mener à bien leur travail », a déclaré Amnesty International.

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