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Iran : La moitié des exécutions capitales dans le monde

Avec 507 exécutions enregistrées en 2016, l'Iran détient le triste record de plus de la moitié des exécutions capitales dans le monde
Avec 507 exécutions enregistrées en 2016, l'Iran détient le triste record de plus de la moitié des exécutions capitales dans le monde

Malgré une riche histoire et une civilisation millénaire, l'Iran est aujourd'hui gouverné par un clergé qui a fait de ce pays un véritable enfer.

Selon Amnesty International, avec 507 exécutions enregistrées en 2016, l'Iran détient le triste record de plus de la moitié (51 %) des exécutions capitales dans le monde.

Dans ce rapport, Amnesty fournit des chiffres horrifiants provenant de quatre prisons différentes concernant les condamnés à mort :

1. Prison de Rajayi Shahr (Gohardasht), à Karaj (chef-lieu de la province d’Alborz, à l’ouest de Téhéran) :

Environ 264 prisonniers sont incarcérés dans le quartier 10 de cette prison, dont 86 sont dans le couloir de la mort, soit le tiers.

Onward 3, connu sous le nom de quartier des jeunes, avec environ 180 détenus de moins de 25 ans, dont environ 80 sont actuellement condamnés à mort pour "rétribution". Un certain nombre de ces personnes ont été arrêtées avant l'âge de 18 ans. Un tiers du quartier 10 sont des condamnés à mort.

Dans le quartier 3, près de 120 des 210 détenus sont dans le couloir de la mort, soit plus de la moitié.

Dans le quartier 2, connu sous le nom de Dar Al Quran, 120 des 160 détenus sont condamnés sur la base d'accusations de "rétribution".

2. Prison de Qezel Hessar, à Karaj

Le quartier 2 de cette prison compte environ 1 000 condamnés à mort, dont de nombreuses personnes accusées de meurtre et des délits liés à la drogue.

3. Prison d'Ourmia (nord-ouest de l’Iran)

Dans les quartiers 1 à 4 de cette prison, plus de 113 personnes sont actuellement dans le couloir de la mort. Ces chiffres pourraient ne pas contenir tous les détenus condamnés à mort.

Dans les quartiers 1 et 2 de cette prison, destinés aux détenus souffrant de troubles mentaux, huit personnes se trouvent dans le couloir de la mort.

Le quartier 12 abrite également trois condamnés à mort.

Le quartier des jeunes abrite six personnes condamnées à mort.

Dans le quartier 15, connu sous le nom de quartier des délits liés à la drogue, six personnes se trouvent dans le couloir de la mort.

4. Prison de Zahedan (sud-est de l’Iran)

Selon la dernière liste de noms rassemblés au mois de mars, 136 détenus sont dans le couloir de la mort. Certains d'entre eux sont détenus dans les conditions atroces de cette prison pendant des années en attendant leur exécution. Des individus liés au trafic de la drogue et un certain nombre de prisonniers politiques se trouvent parmi les condamnés à mort.

Dans le quartier 4 de cette prison, 24 personnes sont dans le couloir de la mort, principalement pour des accusations liées à la drogue, des meurtres ou l'affiliation à des groupes politiques.

Les quartiers 1 et 3 de cette prison abritent 21 autres condamnés à mort.

Ce rapport n'a été élaboré qu’à partir de la situation dans quatre prisons iraniennes.

Il convient de noter que ces chiffres ne tiennent pas compte de l'exécution de prisonniers politiques, de membres de l'opposition et de manifestants des récentes révoltes. Par exemple, plus de 30 000 prisonniers politiques ont été exécutés lors du massacre de 1988 et, à ce jour, le régime iranien a envoyé plus de 120 000 personnes à la potence.

Narcotrafiquants ?

"Près de 80% de toutes les exécutions en Iran sont dues à la lutte intense de ce pays contre les stupéfiants", selon le quotidien officiel Mashreq.

Cependant, de hauts responsables du régime iranien ont répété à maintes reprises que la contrebande de drogue en Iran est contrôlée par des milieux liés aux organes militaires, aux services de renseignements et au corps diplomatique. Le Corps des Gardiens de la révolution (GGRI) et la Force Qods de ce corps ont la part de lion dans cette liste. Ces organes s’occupent directement à l'achat et à la distribution de drogues dans tout le pays, mais ils ont également tissé un vaste réseau international génère des milliards de dollars de recettes.

"Les Gardiens de la Révolution utilisent propre logistique pour ce réseau de contrebande en matière de transports maritimes et aériens, ce qui leurs confère une autorité et une puissance illimitées ", indique en novembre 2011, la radio RFI en langue persane.

"Des sources italiennes ont récemment révélé l’identification d’un lié à à la Force Qods des gardiens de la révolution, impliqué dans la gestion d'un certain nombre de réseaux de drogue transitant des stupéfiants vers l'Union européenne", écrit le quotidien Siyasat en avril de l'année dernière.

Il est tout à fait clair que ce nombre de meurtres et de crimes qui font que l'Iran compte plus de la moitié des exécutions capitales dans le monde ne correspond pas à l'énorme richesse naturelle et aux ressources économiques disponibles dans ce pays. Un pays riche ne possède pas un taux de criminalité aussi élevé. Chaque heure, cinquante personnes entrent dans les prisons du pays. Ce chiffre a été fourni par le chef de l'Association iranienne de la sécurité sociale sur le web site de la BBC en mai de l'année dernière.

Les racines de ces crimes remontent d’une manière ou d’une autre au régime qui gouverne ce pays, dans lequel " 80 à 90% de la population vit en dessous du seuil de la pauvreté ", selon le quotidien Ettela'at (janvier 2014).

"Le régime iranien ne peut continuer l’horreur"

L'un des principaux motifs de ces exécutions doit également être pris en considération : le régime iranien doit poursuivre faire rouler sa machine de répression et maintenir un climat de terreur au sein de la population. Les pendaisons publiques satisfont cet objectif. C’est grâce à une répression sans merci à l’intérieur du pays que le régime iranien s’est maintenu au pouvoir.

"Le régime iranien ne peut pas continuer cette tendance à créer la peur et l'horreur parmi son peuple", avait déclaré la défunte Asma Jahangir, alors Rapporteuse spéciale des Nations Unies sur les droits de l'homme en Iran, au lendemain des soulèvements populaires de décembre et janvier dernier.

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