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Iran-Nucléaire : Ce qui ne devrait pas passer inaperçu

Le site Parchin où l’Iran aurait effectué des essais avec des détonateurs d'ogives nucléaires
Le site Parchin où l’Iran aurait effectué des essais avec des détonateurs d'ogives nucléaires

3 mai 2018

 

Les spéculations pleuvent à quelques jours de l'échéance du 12 mai, date à laquelle le président américain doit décider de la reconduction ou non de l’accord nucléaire avec l’Iran.

Ce qui ne doit cependant pas passer inaperçu après les récentes révélations sur le programme clandestin d'armes nucléaires de l'Iran, c'est que Téhéran n'a pas été fidèle à l'esprit de l'accord officiellement connu sous le nom de Plan d’action global commun (PAGC).

L'esprit du PAGC appelle à la promotion de la paix et de la stabilité. Sur ce point, l'Iran a un bilan lamentable avec ses ingérences destructrices en Syrie, au Yémen, en Irak et au Liban.

En outre, l'AIEA s'est vu refuser tout accès à des sites militaires où l'Iran occulte très probablement son programme d'armes nucléaires. Cela va à l'encontre des prétentions récentes de Federica Mogherini, responsable de la politique étrangère de l'UE, à propos d'un "contrôle très strict des faits".

L'Iran aurait notamment effectué des essais avec des détonateurs d'ogives nucléaires, sur le site de Parchin.

L'Iran a déplacé le sol de ce site avant de le désinfecter pendant des années. C’est seulement ensuite que ses propres ingénieurs ont prélevé des échantillons du sol de Parchin, qui ont été examinés par l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), installée à Vienne. Ce processus va à l'encontre du concept "n'importe quand, n'importe où" revendiqué par l'ancien secrétaire d'État américain John Kerry.

L'AIEA a détecté la présence de particules anthropiques ("artificielles") d'uranium dans les échantillons, selon l'Institute for Science and International Security, installé à Washington.

Il est intéressant de noter que l'AIEA a par la suite reconnu ne pas avoir pris la décision de demander aux Iraniens d'accéder à des sites militaires, sachant que le refus de Téhéran ne laisserait pas d'autre choix à l'agence que celui de déclarer que l'Iran ne respecte pas la PAGC.

De plus, le fait les archives secrètes de fichiers et de DVD récemment révélées, décrivent le cheminement de l'Iran vers la production d'armes nucléaires après la mise en œuvre de la PAGC. Après cette dénonciation, on peut difficilement soutenir que l’Iran est resté fidèle à l’accord de 2015.

Le paragraphe T de l'annexe 1 du PAGC interdit clairement à Téhéran de "concevoir, développer, acquérir ou utiliser des modèles informatiques pour simuler des dispositifs explosifs nucléaires".

Le fait que Téhéran cache des documents et des éléments de preuve aussi importants suscite encore plus de soupçons quant au dévouement supposé du régime et à sa coopération dans le cadre du PAGC.

L'Iran est également dans les cordes et fait face à des accusations d'externalisation de ses programmes d'armes nucléaires en Corée du Nord et en Syrie. L’hebdomadaire allemand Der Spiegel et l'Institut pour la science et la sécurité internationale ont tous deux publié une variété d'articles d'enquêtes qui révèlent un site nucléaire souterrain dans la ville de Qusayr, en Syrie, près de la frontière libanaise.

L'Iran a également été très actif dans l'acquisition de matériel nécessaire à ses programmes nucléaires et de missiles balistiques auprès de l'Allemagne. Ces deux mesures constituent également une violation de l'accord nucléaire de 2015.

Un rapport des services allemands publié en 2017 par l'État de Hambourg souligne qu'"il n'y a aucune preuve d'une volte-face complète dans la politique atomique de l'Iran en 2016".

L'Iran avait également acquis "51 vannes spéciales" destinées au "réacteur à eau lourde du site d’Arak", une installation capable de produire du plutonium pour les armes nucléaires, a révélé le même rapport.

Il ne s'agit là que d'une partie des violations du PAGC par le régime iranien. Les responsables et les apologistes iraniens soulèvent une grande quantité de brouhaha au sujet des conséquences du retrait des États-Unis de l'accord.

L'Iran a désespérément besoin que le PAGC reste intact. Téhéran est terrifié par l’échec éventuel de cet accord. Les ayatollahs n’ont vraiment pas besoin d’un conflit mondial, à l’heure où on est témoins de l’escalade des protestations à l'intérieur de l’Iran. Cela risque d’effriter sérieusement les piliers de la République islamique.

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