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Iran – Dans un discours à Qom :

Khamenei exprime encore sa crainte des Moudjahidine du peuple

Iran – Qom – 9 janvier 2019 : Ali Khamenei, le Guide suprême de la République islamique, s’est réjoui du fait que son régime n’a pas été renversé.
Iran – Qom – 9 janvier 2019 : Ali Khamenei, le Guide suprême de la République islamique, s’est réjoui du fait que son régime n’a pas été renversé.

Mercredi 9 janvier 2019, lors d'un discours à Qom, le Guide suprême de la République islamique, Ali Khamenei, a exprimé implicitement sa crainte de l'influence croissante des Moudjahidine du peuple dans l'organisation des manifestations et dans le cyberespace.

" Les arrogants invitent les gens à se confronter au système. Il est nécessaire que les gens tiennent bon devant cette publicité et agissent contre elle. Les jeunes doivent transformer le cyberespace en un outil contre l'ennemi ", a déclaré Khamenei.

Le N°1 de la théocratie s’est également réjoui du fait que son régime n’a pas été renversé en 2018. " Il n’y a pas longtemps, un politicien américain a déclaré à une foule de voyous et de terroristes qu'il souhaitait célébrer Noël à Téhéran en 2019 ", a-t-il dit dans une référence à peine cachée à une intervention de John Bolton à la fête de l’Organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran (OMPI ou en persan, MeK) en Albanie, à l’occasion du Nouvel An iranien, en printemps dernier.

Cette expression de crainte envers les Moudjahidine du peuple et le renversement du régime a été reprises à maintes reprises par les dirigeants de la République islamique.

Alors que Khamenei encourage les jeunes à défendre son régime dans les médias sociaux, ses propres responsables parlent de la futilité d'essayer de contrecarrer les activités de l'OMPI sur le net et appellent à bloquer le peu de services en ligne non encore censurés en Iran.

"Si nous ne gérons pas le cyberespace, notre situation s'aggravera de jour en jour ", a dit Mohammad Jafar Montazeri, le procureur général, le même jour du discours de Khamenei à Qom.

D'autres responsables ont exprimé plus explicitement leurs craintes face à l'activisme croissant sur les médias sociaux. En décembre, Abdollah Ganji, l'un des directeurs de l'agence de presse Fars, appartenant aux Gardiens de la révolution, a déclaré: "Les membres de l'OMPI qui ont été transférés d'Irak en Albanie créent du contenu pour les réseaux des médias sociaux." Ces derniers ont joué un rôle central dans la publication de nouvelles sur les grèves et manifestations et dans la divulgation des détails du style de vie somptueux des responsables iraniens et de leurs enfants à l'étranger, ce qui constitue un contraste saisissant avec l'extrême pauvreté qui est devenue la réalité quotidienne de la vie de millions d’Iraniens.

" La population de Téhéran a connu huit mois de conflit. Ils ont vu que [l’OMPI] provoque des conflits lors de chaque célébration nationale. Lors de chaque célébration nationale et religieuse, ils portent atteinte à la sécurité de la population ", dit à son tour Ahmad Khatami, un religieux proche de Khamenei et membre du conseil de présidence de l'Assemblée des experts.

Après les manifestations nationales de 2009 qui ont suivi les élections présidentielles truquées qui ont conduit Mahmoud Ahmadinejad à son deuxième mandat de président de la République islamique, le régime iranien a bloqué les réseaux des médias sociaux les plus populaires, notamment Twitter, Facebook et YouTube.

L'année dernière, à la suite des soulèvements de décembre 2017 et janvier 2018 qui ont balayé plus de 140 villes d'Iran, Téhéran a bloqué la messagerie Telegram qui compte plus de 40 millions d'utilisateurs en Iran. Le régime a tenté d’établir son contrôle au moyen de versions distribuées de l’application manipulées et infectées par des logiciels espions, parmi des utilisateurs iraniens. Plus récemment, des responsables iraniens ont révélé leur intention de bloquer Instagram et de le remplacer par une réplique nationale de l'application permettant aux appareils de sécurité du régime iranien d'espionner les utilisateurs et de bloquer l'accès aux chaînes dissidentes.

Malgré tous ces efforts, les responsables du régime iranien n'ont pas été en mesure de mater les manifestations et de contrôler le cyberespace comme ils le souhaitent. Les manifestations continuent de faire rage à travers le pays, reflétant la vérité sur ce que les Iraniens ressentent face à un régime qui n’a apporté que la répression et la corruption depuis quatre décennies.

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