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Terrorisme d’État iranien:

Les Européens préparent des sanctions

"De tels événements sont inacceptables. Nous devons y répondre avec toute la fermeté exigée par nos partenaires européens", a dit Jean-Yves Le Drian
"De tels événements sont inacceptables. Nous devons y répondre avec toute la fermeté exigée par nos partenaires européens", a dit Jean-Yves Le Drian

BRUXELLES - Face à de nouvelles allégations de complots iraniens à leur porte, les gouvernements européens discutent de leurs premières sanctions ciblées contre Téhéran depuis des années alors qu'ils s'efforcent de faire respecter l'accord nucléaire iranien pour 2015.

Les discussions font suite à l'accusation portée mardi par le gouvernement danois contre les agents des services de renseignements iraniens d'avoir comploté l'assassinat d'un dirigeant de l'opposition iranienne en septembre dernier. Plus tôt cette année, des responsables français ont conclu que Téhéran était derrière un complot visant à attaquer les Moudjahidine du peuple iranien réuni à Paris à la fin juin.

Mercredi, des diplomates danois ont informé les ambassadeurs de l'UE de leurs allégations selon lesquelles les services de renseignement iraniens auraient comploté pour tuer le dirigeant d'un groupe de la communauté arabe iranienne.

Le Danemark a rappelé son ambassadeur pour des consultations.

Les diplomates danois ont appelé à une action pour punir Téhéran, un appel qui a reçu un large soutien lors de la réunion des ambassadeurs de l'UE de mercredi. Au moins huit pays ont soutenu les appels à l'action lancés par le Danemark, la Grande-Bretagne et la France faisant également partie de ceux qui préconisent des sanctions.

"Solidarité totale avec le Danemark ", a déclaré le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian. "De tels événements sont inacceptables. Nous devons y répondre avec toute la fermeté exigée par nos partenaires européens."

A la suite d'une rencontre mardi avec le Premier ministre britannique Theresa May, le Premier ministre danois Lars Lokke Rasmussen a déclaré dans un message Twitter que "nous nous opposerons à l'Iran" avec le soutien de l'UE.

Les ministres des affaires étrangères de l'UE pourraient discuter des options de sanctions dès leur prochaine réunion du 19 novembre, bien qu'une décision finale ne soit pas probable à ce moment-là, ont déclaré les diplomates.

L'Europe a suspendu les sanctions liées au nucléaire en 2016, mais elle continue d'inscrire sur la liste noire des dizaines d'Iraniens accusés de violation des droits de l'homme et de terrorisme. Le bloc sanctionne également plusieurs Iraniens pour leur rôle dans le conflit syrien. De telles sanctions pourraient fournir un cadre pour de nouvelles mesures à l'encontre des Iraniens, selon les diplomates de l'UE.

La France a gelé les avoirs de l'agence de renseignement iranienne et a discrètement coupé certains liens diplomatiques après la tentative d’attentat à la bombe contre les Moudjahidine du peuple (OMPI ou MeK) la en juin.

Les dernières actions peuvent être un point de basculement. Edgars Rinkevics, ministre letton des Affaires étrangères, a comparé le cas danois à la tentative d'empoisonnement d'un ancien espion russe en Grande-Bretagne plus tôt cette année, imputée au Kremlin, qui a provoqué des expulsions massives de diplomates russes.

"Nous devons envoyer un message clair que l'UE ne tolérera pas de telles activités", a-t-il déclaré. "Et oui, nous devons être sérieux à propos de toute activité subversive."

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