728 x 90

20 janvier 1979

La libération de la dernière série des prisonniers politiques du Chah d’Iran

" Vive à toi l’Honneur de la patrie !"

C’est une véritable explosion de joie et des scènes d’une liesse populaire sans précédent, quand Massoud Radjavi fait son apparition sur le balcon qui domine la porte d’entrée de la prison
C’est une véritable explosion de joie et des scènes d’une liesse populaire sans précédent, quand Massoud Radjavi fait son apparition sur le balcon qui domine la porte d’entrée de la prison

Le 20 janvier 1978, à quelques jours de son renversement, la monarchie des Pahlavi cède aux revendications répétées pendant plusieurs mois par la révolte populaire, en libérant la dernière série des opposants iraniens qui se trouvaient dans ses prisons politiques.

Il s’agit de 162 détenus, principalement des membres de deux principales organisations d’opposition à la monarchie, les Moudjahidine du peuple et les Fedayin du peuple, qui avaient été condamnés par des Cours martiaux à la perpétuité.

Depuis midi, des milliers de manifestants se sont rassemblés devant la prison de Qasr pour exiger la libération de ces détenus, alors que de nombreux membres des familles des prisonniers politiques continuent depuis une semaine déjà, un sit-in au Barreau de Téhéran pour la même cause.

La foule est intraitable. Les cris de " vive les Moudjahidine, vive les Fedayin " ne cessent d’appuyer cette intransigeance. Affolé, le directeur de la prison demande à la hâte à un porte-parole des détenus politiques de venir derrière le micro, expliquer à la foule que tous les prisonniers seront bel et bien libérés.

C’est donc une véritable explosion de joie et des scènes d’une liesse populaire sans précédent, quand Massoud Radjavi fait son apparition sur le balcon qui domine la porte d’entrée de la prison. Il est accueilli par des cris de " vive à toi l’Honneur de la patrie ! ". " Vive le peuple! ", crie tout fort le dirigeant, dans une réplique spontanée.

" Les mots me manquent ! Je ne sais comment remercier le peuple révolté à qui seul nous devons notre liberté ", dit, les larmes aux yeux, le dirigeant des Moudjahidine, avant d’assurer que tous les détenus politiques vont être libérés.

Une fois Radjavi disparu du balcon, la foule s’impatiente de plus en plus. Elle avance. La gronde monte. Ça pousse de plus en plus fort devant les deux grands portails métalliques qui séparent la foule de ses fils et filles bien aimés à l’intérieur de la prison. " On aurait dit que la foule va arracher les portails ", écrit le lendemain le journal Kayhan.

Il est enfin 21h quand la porte s’ouvre sous une pluie des flashs des photographes. C’est une prisonnière politique qui sort la première. On saura plus tard que c’est Massoud Radjavi qui a exigé symboliquement que ce soit une représentante des femmes détenues qui sorte la première. Il s’agit d’Achraf Rabi’i qui deviendra plus tard une Icône de la résistance contre Khomeiny.

La liesse est à son comble. La foule danse, crie de joie, hurle, pleure, embrasse les détenus libérés qui ne marchent plus sur leurs propres pieds, transportés sur les épaules des manifestants aussitôt avoir dépassés le portail de la prison.

Recommandés

Derniers infos et articles