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L’Iran de l’après PAGC

"La société va bientôt entrer dans une nouvelle atmosphère de révoltes", écrit un web site en Iran
"La société va bientôt entrer dans une nouvelle atmosphère de révoltes", écrit un web site en Iran

Après la décision du président américain Donald Trump de se retirer d'un accord nucléaire connu officiellement sous le nom de pacte d’action global commun (PAGC), qu'il considérait comme hautement défectueux et "l'accord le plus ridicule de l'histoire", les États-Unis imposent de lourdes sanctions au régime iranien.

De nombreuses voix à l'intérieur de l'Iran ont commencé à tirer les sonnettes d’alarme concernant le seuil de tolérance de la société iranienne face aux retombées éventuelles de ces sanctions sur l’économie du pays.

Le département du Trésor américain interdit tout nouveau contrat avec le régime iranien et accorde un maximum de 180 jours à ceux qui sont déjà impliqués pour réduire et annuler leurs affaires avec Téhéran. Des entreprises, dont Airbus et Boeing, ont déjà perçu les circonstances et se préparent aux conséquences.

L'Allemagne affirme explicitement que le gouvernement n'a pas le pouvoir de protéger les entreprises allemandes qui décideraient de continuer à faire des affaires avec Téhéran, contre les sanctions américaines. Il est maintenant clair comme du cristal que l'Iran va rouler tout seul sur cette route.

"Nous sommes tous sur le même vaisseau, et si ce vaisseau coule, on coulera tous. Nous devrions concentrer nos efforts sur le maintien de ce navire", a déclaré Ali Sofi, un personnage proche du camp dit "réformiste" en Iran.

" Ceux qui ont de l’influence sont restés silencieux après le soulèvement de décembre et janvier dernier", déplore pour sa part Azar Mansouri, une autre soi-disant réformiste.

Il y a d'autres voix en Iran qui font référence au rejet publique régime des ayatollahs et le manque de confiance dans l'appareil au pouvoir.

"En regardant les différents coins du pays, on voit bien que les plaies s'ouvrent les unes après les autres et que l'Iran sera tôt ou tard englouti dans la crise ", écrit un journal.

Les conservateurs iraniens reconnaissent également la situation désastreuse dans laquelle se trouve le pouvoir en place.

Selon le quotidien d'État Javan, proche des Gardiens de la Révolution, " aucun régime au monde ne s'effondrera à moins que son peuple ne perde toute confiance aux gouverneurs ".

" Des circonstances difficiles nous attendent" et "Dieu nous garde d'assister à l'effondrement économique, voire national de l'État tout entier", ajoutent diverses personnalités, comme Mostafa Tajzadeh, l’une des figures des réformistes du pouvoir.

Ces remarques arrivent à un moment où le secteur pétrolier et gazier de l'Iran, la Banque centrale, ses lignes aériennes et maritimes, les Gardiens de la Révolution et toutes les compagnies qu’ils détiennent sont sur la ligne de mire des sanctions paralysantes.

Un web site "réformiste" met en garde contre "la dissidence croissante dans la société" et écrit que "la société va bientôt entrer dans une nouvelle atmosphère de révoltes". L'exutoire continue en rappelant que le peuple iranien a perdu espoir dans tous les clivages du sérail, comme l'ont scandé les émeutiers pendant le soulèvement de décembre et janvier dans tout l'Iran : "Réformistes, conservateurs, le jeu est fini".

Le régime des ayatollahs entre dans une nouvelle ère où les impasses se font autrement plus dangereuses que dans l’ère précédente.

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