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Iran – droits de l’Homme :

L’un des principaux auteurs des massacres de 1988 prendra la tête du judiciaire

Ebrahim Raïssi que l’on voit ici avec Ali Khamenei, le Guide suprême de la République islamique, a été l’un des principaux auteurs des massacres des prisonniers politiques en 1988
Ebrahim Raïssi que l’on voit ici avec Ali Khamenei, le Guide suprême de la République islamique, a été l’un des principaux auteurs des massacres des prisonniers politiques en 1988

C’est une première sous la République islamique : le nom du futur chef du pouvoir judiciaire est annoncé avec certitude, huit mois avant que le mandat de l’actuel tenant de ce poste s’achève.

Alors que le mandat de Sadeq Larijani à la tête du pouvoir judiciaire de la théocratie iranienne s’achèvera le 14 août 2019, les médias du régime iranien viennent d’annoncer dans un commun orchestre, qu’Ebrahim Raïssi, l’un des principaux responsables des massacres massifs des prisonniers politiques en 1988, lui succédera.

Sous la République islamique, le chef du judiciaire est nommé par le Guide suprême qui détient le pouvoir absolu, pour une durée de dix ans. Le judiciaire est dénué de toute indépendance dans l’Iran des ayatollahs et exécute unilatéralement les ordres du chef, en l’occurrence le Guide suprême. Ses orientations sont guidées par ce dernier ; les dossiers sont constitués sur son ordre et l’instruction est le plus souvent mené par les organes de sécurité ou de renseignement directement liés à la tête du pouvoir et non au judiciaire.

La personne qui prend la tête du judiciaire n’est donc pas du tout déterminant quant aux changements probables dans la structure ou les méthodes épousées par cette institution.

Au cours de l’année qui va bientôt s’achever, le judiciaire iranien a multiplié les lourdes peines injustifiées pour la moindre contestation, allant des longues années de réclusion, en passant par de longues détention sans démarrer une procédure judiciaire, de longues privations des activités sociales, et enfin des peines capitales prononcées à tour de bras. Tous les composants de la société iranienne, des journalistes aux travailleurs, en passant par les enseignants, les avocats ayant pris la défense des dissidents, les agriculteurs, les étudiants, etc., ont été victime de ces méthodes qu’on ne peut attribuer aux penchants de tel ou tel juge ou même du chef du judiciaire. Il s’agit de la réaction du pouvoir en place dans sa totalité, et avant tout de son Guide suprême, contre la recrudescence des mouvements de protestation qui ont suivi les soulèvements de décembre 2017. Force est de constater que malgré ces lourdes peines, le peuple iranien a continué de manifester son aspiration au départ de la République islamique pendant toute l’année.

La préannonce de la nomination à la tête du judiciaire d’un individu qui doit sa célébrité à des crimes hors commun condamnés à travers le monde, n’a donc comme seul souci qu’insuffler le climat de terreur dans les veines de la société, dans l’espoir que cela pourra jouer un rôle persuasif dans la suite des protestations.

" L’ennemi a fait la propagande en 2018, pour agir en 2019 ", a affirmé Ali Khamenei dans une récente intervention dans laquelle il prévient les dirigeants de son régime des soulèvements éventuels en 2019.

Si la persuasion avait suffi de mater le tsunami qui s’annonce, l’ampleur des massacres de 1988 dont Raïssi est l’un des acteurs principaux, auraient fait l’affaire. En 2018, les Iraniens ont fait preuve d’une détermination à balayer la République islamique, que ni Raïssi, ni Khamenei, ne peuvent contrecarrer.

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