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5 janvier 1980

Massoud Radjavi annonce sa candidature pour les présidentielles

Le premier Front populaire de l’Histoire de l’Iran

Massoud Radjavi lors d’un meeting électoral en 1979
Massoud Radjavi lors d’un meeting électoral en 1979

Le 5 janvier 1979, Massoud Radjavi annonce officiellement sa candidature aux premières présidentielles après la chute du régime impérial du Chah d’Iran. L’annonce souffle une nouvelle bouffée d’espoir dans la société iranienne. Il est vrai que l’équipe du clergé qui s’est emparée du pouvoir au lendemain du renversement du monarque inquiète. Les séries d’exécutions capitales, un climat policier, une répression qui s’occupe de plus en plus de la vie privée des gens et les descentes répétées des bandes de sbires qui s’attaquent aux meetings des partis politiques à coups de matraques ne sont guère réconfortants.

Massoud Radjavi est lui le principal dirigeant de l’opposition à la dictature du Chah dans les prisons politiques dans lesquelles il a passé sept ans de sa vie. Sauvé de justesse de la peine capitale grâce à une campagne internationale à laquelle a entre autres pris part François Mitterrand, il représente l’authenticité des revendications d’un peuple qui s’est soulevé pour obtenir ses libertés au cours de la Révolution antimonarchiste de 1978. Il fera donc l’unanimité parmi tous les partis politiques d’opposition au clergé au pouvoir. Ce sera le plus grand Front populaire de l’Histoire de l’Iran qui scindera en deux le clivage politique de ce pays au cours de la campagne présidentielle : d’un côté les religieux, de l’autre, Radjavi.

Tout annonce donc la victoire de ce Front populaire, si ce n’est l’intervention de Rouhollah Khomeiny en personne. L’ermite avait promis de ne pas se mêler à la campagne présidentielle en faveur de quelque candidat que ce soit. Il ne tiendra pas promesse, de peur de voir le gouvernement tomber aux mains de ce Front populaire qui ne lui faisait pas allégeance. Il interviendra donc personnellement en public pour interdire la candidature de Massoud Radjavi. Dès lors, le pays glissera à grande vitesse vers une dictature religieuse sans merci qui n’épargnera aucun opposant.

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