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Iran – cyberespace :

Le ministère public annonce le blocage de l’Instagram

Selon Javad Javidnia, adjoint aux affaires du cyberespace au ministère public, le Conseil national du cyberespace a approuvé des mesures visant à bloquer Instagram
Selon Javad Javidnia, adjoint aux affaires du cyberespace au ministère public, le Conseil national du cyberespace a approuvé des mesures visant à bloquer Instagram

Les autorités iraniennes ont déclaré mercredi qu'elles bloqueraient l'accès à Instagram, un réseau de médias sociaux qui compte plus de 24 millions d'utilisateurs en Iran. Ce blocage s'inscrit dans la continuité d'une tendance à la répression et à la censure des réseaux sociaux et des services Internet qui a suivi l'éruption des manifestations nationales en décembre 2017.

Instagram est le seul réseau de médias sociaux non censuré en Iran. En 2018, le régime iranien a bloqué l'accès à Telegram, la plateforme de médias sociaux la plus populaire en Iran avec plus de 40 millions d'utilisateurs.

Selon Javad Javidnia, adjoint aux affaires du cyberespace au ministère public, le Conseil national du cyberespace a approuvé des mesures visant à bloquer ce service. L’officiel a évoqué des raisons de sécurité nationale pour justifier ce blocage.

Le régime iranien bloque l'accès aux médias sociaux alors que ses propres dirigeants ont pleinement accès aux réseaux censurés depuis des années.

Les mesures de plus en plus répressives à l'égard des services Internet et des réseaux de médias sociaux montrent la peur du régime iranien face aux manifestations en cours dans tout le pays et son incapacité à garder le contrôle de la situation.

Les autorités iraniennes sont particulièrement préoccupées par le rôle du réseau de l’Organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran (OMPI ou en persan, MeK) et des unités de résistance dans l'organisation des manifestations et la lutte contre les mesures répressives du régime. Plusieurs responsables du régime ont récemment averti que l'OMPI utilisait les médias sociaux pour diffuser des informations sur les manifestations en Iran.

"Les membres de l'OMPI/MEK qui ont été transférés d'Irak en Albanie créent du contenu pour les réseaux sociaux", affirme Abdollah Ganji, l'un des directeurs de l'agence de presse Fars, proche des Gardiens de la révolution, avant de souligner que l’OMPI a joué un rôle prépondérant dans la publication d'informations sur les grèves et les manifestations syndicales et dans la divulgation des détails du mode de vie somptueux des dirigeants iraniens et de leurs enfants à l'étranger, ce qui contraste fortement avec l'extrême pauvreté qui est devenue la réalité quotidienne des millions d'Iraniens.

Les médias sociaux regorgent également d'images et de vidéos de jeunes en colère et de membres d'unités de résistance qui mettent le feu aux portraits géants du Guide suprême de la théocratie et aux panneaux publicitaire censés générer le climat de terreur dans la société.

Cependant, les efforts du régime pour contenir les protestations en bloquant l'accès aux médias sociaux sont voués à l'échec. Diverses couches de la population iranienne protestent contre leurs droits les plus fondamentaux et les besoins élémentaires de leur vie quotidienne. Les propres responsables du régime admettent que l'effondrement du régime est très proche.

" Des militants de toutes les couches sociales ont été incarcérés, des travailleurs aux enseignants, en passant par les routiers, les militants des droits des femmes, les militants de l’environnement, les étudiants, ou encore les hommes d’affaires ", a affirmé récemment Faezeh Rafsandjani, fille d’un ancien président de la République islamique, elle-même ancienne députée au parlement du régime iranien.

" La pagaille règne partout. La gestion et la planification sont inexistantes dans toutes les institutions. Tout a été lâché. Personne ne pense à résoudre les problèmes et dans le cas contraire, ça empire au lieu de s’améliorer. Il n’y a aucun signe d’une amélioration ", explique Faezeh Rafsandjani qui dit que " l’effondrement a déjà eu lieu sur le fond et il ne reste plus que l’effondrement des apparences et l’effondrement physique, ce qui est très probable ".

Les efforts du régime pour bloquer l'accès aux médias sociaux pourraient rendre plus difficile la diffusion des nouvelles des manifestations, mais pour le peuple iranien, qui n'a rien d'autre à perdre que ses problèmes et ses misères après quatre décennies de répression et de corruption par le régime au pouvoir, les manifestations sont devenues le seul moyen de récupérer ses droits. Cela restera une réalité de la vie iranienne, avec ou sans accès aux médias sociaux.

De plus, après deux décennies de cyber répression par le régime, les jeunes Iraniens sont devenus des maîtres pour contourner le filtrage. Par exemple, malgré les efforts du régime iranien pour bloquer la messagerie Telegram, des millions d'Iraniens continuent d'utiliser l'application originale en utilisant des outils de contournement comme les réseaux privés virtuels et les serveurs proxy.

 

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