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Iran – La fille d’un ancien président de la théocratie :

" On a tué mon père ! "

Fatemeh Rafsandjani, la fille aînée d’un personnage clé de la République islamique décédé en janvier 2017, dit qu’elle est certaine que son père a été assassiné.
Fatemeh Rafsandjani, la fille aînée d’un personnage clé de la République islamique décédé en janvier 2017, dit qu’elle est certaine que son père a été assassiné.

" Mon père n’a pas décédé d’un mort naturel ", a prétendu Fatemeh Rafsandjani, la fille aînée de l’ancien président de la République islamique, Ali Akbar Hachemi Rafsandjani, dans un entretien avec le site Web Jamaran.

L’un des piliers de la République islamique, Ali Akbar Hachemi Rafsandjani qui a occupé les postes les plus importants de la théocratie, dont deux mandats de la présidence de la République, est mort le 8 janvier 2017, dans une piscine réservée aux heures de loisir des élites du pouvoir. Selon la version officielle, il est mort d’un arrêt cardiaque. La famille et des alliés de Rafsandjani ont exprimé des doutes quant à la cause annoncée de la mort de Rafsandjani.

Deux mois avant le décès de Rafsandjani qui était alors le président du Conseil de discernement, l’un des organes les plus importants du fonctionnement interne du régime, deux individus ont averti sa fille aînée d’une intention de meurtre visant le président. " En octobre 2017, deux individus prétendant être d’anciens combattants sont venus me voir dans mon bureau à l’université pour me dire qu’ 'un attentat vise votre père, transmettez-lui le message' ", révèle Fatemeh Rafsandjani, dans le même entretien. " J’avais averti le Haut conseil de la sécurité nationale (HCSN)", ajoute-t-elle.

Elle précise que le dossier a été clos dans le HCSN, avant de renchérir : " Mais avec les preuves que j’ai pu récolter pendant ce temps, je suis certaine que mon père n’a pas décédé d’un mort naturel ".

L’hypothèse de l’intoxication de l’ancien président par un produit radioactif a été avancée à un moment donné dans ce dossier. " Ce n’était pas ça, mais c’était plus simple pour eux d’avancer cette hypothèse ", dit aujourd’hui Fatemeh Rafsandjani. " Ils l’ont d’ailleurs reconnu eux-mêmes dans leurs slogans. "

Le 16 août dernier, un groupe de professeurs et d’étudiants de l’école théologique de Qom, principal fief des partisans du Guide suprême Ali Khamenei, avait organisé une conférence contre les politiques du gouvernement Hassan Rouhani, notamment les négociations qu’il mène avec l’Occident. Une pancarte soulevée ce jour-là menaçait de mort Rouhani, dans une allusion à peine cachée au meurtre d’Ali Akbar Hachemi Rafsandjani dans la piscine : " Celui dont la négociation est ton slogan, la piscine pourrait t’attendre ! "

Fatemeh Rafsandjani se réfère également aux propos contradictoires des membres de la protection rapprochée de son père, aussi bien avant qu’après la disparition de celui-ci.

Aussitôt après l’évènement, il a été interdit à tous les membres de l’équipe de la protection rapprochée de s’exprimer sur le sujet. " Chacun des gardes du corps qui était questionné par nous, nous répondait d’aller demander au chef de l’équipe ; ce qui montre qu’il y avait quelque chose d’anormale", explique la fille aînée de l’ancien président, dans son entretien avec le site Web Jamaran.

D’autres questions soulevées par Fatemeh Rafsandjani dans cet entretien viennent appuyer la thèse d’un meurtre : " Pourquoi mon père a été transféré à l’hôpital avec un retard de 21 minutes ? Pourquoi aucun prélèvement n’a été effectué sur la dépouille ? Pourquoi le certificat du décès n’a pas été donné avant l’inhumation ? Autant de points d’interrogation qui n’ont pas été répondus".

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