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6 mai 1951

Mossadegh devient Premier ministre

Mohammad Mossadegh, le PM réformiste qui obtint le surnom affectif de « Vieux Lion » de la part du public
Mohammad Mossadegh, le PM réformiste qui obtint le surnom affectif de « Vieux Lion » de la part du public

Le 6 mai 1951, Mohammad Mossadegh, l’acteur principal de la loi de nationalisation du pétrole iranien dans le comité parlementaire pour les questions pétrolières obtient la confiance du Parlement (le Majlis) pour prendre la tête du gouvernement iranien.

Exilé par Reza Chah, le premier roi de la dynastie Pahlavi, cet universitaire issu des études supérieures en France est revenu de loin.

En 1942, il revient sur la scène politique pour prendre la tête du principal mouvement nationaliste dans un Iran en pleine occupation étrangère. Il se taillera alors un rôle de tribun nationaliste, adversaire de toutes les ingérences étrangères, toujours à la recherche de l'intérêt national, ce qui lui vaut une grande popularité. Il est élu député en 1944 au quatorzième parlement iranien et siège dans les rangs des nationalistes. Avec le temps, le public lui donnera le surnom affectif de « Vieux Lion ». Peu de temps après sa nomination, Mossadegh se voit pressentir et offrir le poste de Premier Ministre, qu'il accepte pour seulement quelques jours, préférant garder son poste de député en cette période d'instabilité gouvernementale.

Sous le gouvernement de Mohammad Sa'ed Maraghei, son « successeur », il dépose devant le Majlis un projet de loi visant à empêcher l'URSS de prendre possession des exploitations pétrolières au nord du pays, de par l'interdiction faite aux ministres de signer des concessions pétrolières sans accord du Parlement. Le projet est ratifié en décembre 194431. Il fit obstacle aux appétits soviétiques sur les richesses de l'Iran, matérialisées par la crise Irano-Soviétique (1946-1947).

Le pétrole, dont l'Iran est le plus ancien et, à l'époque, le principal producteur au Moyen-Orient, échappe à l'emprise du gouvernement qui ne perçoit que des redevances octroyées par la toute-puissante Anglo-Iranian Oil Company (AIOC), devenue alors propriété de l'Amirauté britannique et plus grosse capitalisation boursière anglaise. Les bénéfices étaient très inégalement répartis entre la compagnie anglaise et l'état iranien.

Sur une période de 60 ans, selon l'accord, l'Iran devait percevoir environ 8% de plus du produit net de la vente de pétrole brut, sans compter les recettes du raffinage et de la vente de produits pétroliers finis32. Un amendement visant à atteindre entre 20 et 25% des bénéfices reversés à l'Etat iranien.

Mossadegh lui, estimait que la concession de 1933 accordée à l'AIOC par l'Iran était « immorale et illégale », contestant alors tous les aspects de la présence commerciale britannique en Iran36, et prônant l'idée d'une nationalisation complète et sans concession. Les Britanniques dirent plus tard qu'ils craignaient que, si la politique de Mossadegh l'emportait, « les nationalistes de par le monde pourraient abroger les concessions britanniques en toute impunité ».

Le nationalisme est de retour en Iran à cette époque, alors que l'influence des puissances étrangères, notamment celle du Royaume-Uni, est à son apogée. Et Mossadegh fut la figure de proue de ce mouvement, notamment par le rôle qu’il joua au sein du comité parlementaire pour les questions pétrolières qui parvint finalement à faire ratifier la loi sur la nationalisation du pétrole au Majlis, le 20 mars 1951.

C’est dans ce concept que Mossadegh est pressenti Premier ministre après pressentiment du Parlement le 29 avril 1951 Il est alors nommé à la tête du gouvernement. Neuf jours plus tard, le 6 mai 1951, le Parlement lui a exprimé son vote de confiance par 99 voix contre 3.

L’Histoire ne s’arrêtera pas là. Le dirigeant nationaliste qui obtint toutes ces victoires notamment grâce au fort appui de la rue, entrera dans un grave conflit avec la Cour impériale, puis avec les puissances étrangères, pour sauvegarder les intérêts de la nation.

À suivre dans les prochaines épisodes…

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