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Crise Maroc-Iran:

Nasser Bourita s'inquiète des opérations de l'Iran en Afrique du Nord

" Ce qui se passe avec le Polisario n’est qu’une partie de l’approche agressive de l’Iran en Afrique du Nord et de l’Ouest. Nous avions déjà remarqué certaines activités au Sénégal, en Guinée, en Côte d’Ivoire, même en Guinée Bissau ", indique Nasser Bourita
" Ce qui se passe avec le Polisario n’est qu’une partie de l’approche agressive de l’Iran en Afrique du Nord et de l’Ouest. Nous avions déjà remarqué certaines activités au Sénégal, en Guinée, en Côte d’Ivoire, même en Guinée Bissau ", indique Nasser Bourita

Le 1er diplomate marocain a fait part des préoccupations de son pays concernant les opérations de déstabilisation de l’Iran en Afrique du Nord, affirmant que le Maroc avait besoin du soutien de l’administration Trump pour bloquer la montée de Téhéran dans la région, indique The North Africa Post.

" Le Maroc considère la détermination de l'administration Trump à stopper les efforts de l'Iran pour devenir une puissance hégémonique au Moyen-Orient et plus largement sur le monde musulman, avec beaucoup d'enthousiasme et d'espoir ", a déclaré Nasser Bourita dans une interview accordée à Breitbart News, à Bucarest lors de sa dernière tournée dans la région des Balkans.

Rabat a rompu ses liens avec Téhéran en 2009 et ne les a renouvelés qu'en décembre 2016, avant d’y renoncer encore une fois le 1er mai 2018 pour protester contre le soutien militaire apporté par le groupe du Hezbollah aux séparatistes du Polisario, soutenu par l'Iran.

" L’Iran aimerait être en Afrique du Nord. Ils ont essayé de développer une présence au Maroc. Aujourd'hui, ils répètent les efforts déployés dans d'autres pays d'Afrique du Nord. Ils ont attiré certains de nos jeunes en leur offrant des bourses ", a dit le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale du Maroc lors de la même interview, pour expliquer les raisons pour lesquelles Rabat a rompu ses relations avec l’Iran en 2009.

 

Embrigadement des jeunes marocains

" L’attaché culturel iranien à Rabat visitait les petites villes du Maroc en faisant ce qu’il appelait des festivals de livres. Il donnait des livres. Il était présent dans chaque petite ville ", a ajouté Bourita.

" Nous nous demandions pourquoi il faisait la promotion des livres iraniens là-bas, et nous avons remarqué qu’il donnait des bourses. Nous sommes passés de 10 à 120 personnes [par an] ayant reçu des bourses pour étudier à Qom (une ville située à 150 kilomètres au sud-ouest de Téhéran, ndlr). De 2009 à 2016, nous avons rompu nos relations avec l’Iran à cause de ce qu’ils faisaient avec ces bourses d’études", a expliqué le ministre marocain des Affaires étrangères.

Le gouvernement marocain a considéré l’œuvre missionnaire de l’Iran parmi ses jeunes comme un moyen de saper l’autorité gouvernementale en endoctrinant les jeunes marocains pour rejeter l’islam sunnite modéré pratiqué au Maroc en faveur de l’islam chiite radical du régime iranien, a déclaré Bourita.

Les Iraniens " visent notre diaspora en Europe, en particulier en Belgique. Là-bas, à cause de l'hésitation de l'Europe à gérer l'Islam, ils ont été laissés à eux-mêmes ", a-t-il ajouté.

Selon Breitbart News, l'Iran a intensifié en 2016 ses opérations offensives au Moyen-Orient et dans le monde entier. L’Afrique du Nord était au centre de ses nouveaux efforts. Plus précisément, en novembre 2016, à la fois par le biais de sa légion étrangère libanaise du Hezbollah et par le biais de ses réseaux diplomatiques, l'Iran a commencé à parrainer le Polisario. Ces opérations ont été massivement accrues l'an dernier.

 

L’approche "agressive" de l’Iran en Afrique

" Nous pensons que ce qui se passe avec le Polisario n’est qu’une partie de l’approche agressive de l’Iran en Afrique du Nord et de l’Ouest. Nous avions déjà remarqué certaines activités au Sénégal, en Guinée, en Côte d’Ivoire, même en Guinée Bissau ", a déclaré le ministre marocain.

" Cette région est une zone où le Maroc a traditionnellement une présence religieuse (...). Mais au cours des dix dernières années nous avons constaté, à travers les Libanais et le Hezbollah, une présence religieuse croissante de l’Iran ", a-t-il ajouté.

" Davantage de bourses religieuses sont accordées aux étudiants pour étudier à Qom. De plus en plus de mosquées (chiites, ndlr) sont construites et d’autres organisations humanitaires ouvrent dans ces pays. Nous pensons donc que cela fait également partie de l’offensive. "

Bourita a précisé à Breitbart News que les opérations des mandataires iraniens sont loin d'être limitées aux efforts terroristes et militaires. En Afrique du Nord et de l'Ouest, le Hezbollah mène des opérations financières massives au nom de l'Iran. Celles-ci servent à financer les opérations mondiales de l’Iran, a averti le ministre marocain des Affaires étrangères.

Le 17 septembre 2018, Nasser Bourita a rencontré son homologue américain, Mike Pompeo, pour discuter de la possibilité d’élargir les coopérations bilatérales en matière d’économie et de sécurité, et notamment " partager des efforts pour mettre fin aux activités malveillantes de l’Iran ", a indiqué Heather Nauert, la porte-parole du Département d’État américain, dans son lien twitter.

 

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