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27 décembre 2009

Le peuple s’empare de la rue à Téhéran

Une révolte trahie par ceux qui étaient censés être ses dirigeants

Le 27 décembre de cette année, le ras-le-bol prend le dessus. La foule attaque dans plusieurs points de Téhéran, les unités spéciales de la police venues les mater brutalement.
Le 27 décembre de cette année, le ras-le-bol prend le dessus. La foule attaque dans plusieurs points de Téhéran, les unités spéciales de la police venues les mater brutalement.

Le 27 décembre 2009 marque l’apogée de la révolte qui a duré depuis huit mois, après que de larges fraudes électorales ont amené Mahmoud Ahmadinejad à son deuxième mandat à la présidence de la république de la théocratie en place.

Le mouvement d’abord organisé par le Mouvement vert constitué des militants du candidat perdant, Mir Hossein Moussavi, ancien premier ministre avant la mort de l’Ayatollah Rouhollah Khomeiny, avec comme principal mot-d’ordre " Où est passé mon vote ".

Mais très vite, les slogans changent de couleur et manifestent de plus en plus l’aspiration au départ de la République islamique. " À bas le principe du Guide suprême " devient alors le principal mot-d’ordre des manifestants qui balaient tous les jours les asphaltes du pays et qui réclament la chute de la dictature religieuse.

Une répression sans merci est la réplique du pouvoir en place ; une répression qui va des agressions brutales dans la rue, en passant par des tortures intenables dans les prisons, notamment dans la prison de Kahrizak, où selon les témoignages, les détenus hommes et femmes subissaient systématiquement le viol. Les chiffres des victimes de la rue jusqu’aux prisons varient entre une centaine à quelques 350 morts, pendant les huit mois de la gronde.

Le 27 décembre de cette année, le ras-le-bol prend le dessus. La foule attaque dans plusieurs points de Téhéran, les unités spéciales de la police venues les mater brutalement. Les manifestants mettent le feu aux motos de ces unités qui battent en retraite.

Les points où les forces spéciales de la police préfèrent battre en retraite ou sont pris à partie par les manifestants se multiplient. Quelques heures plus tard, le contrôle de la capitale tombe entièrement dans les mains des insurgés.

La pagaille s’empare du sérail. Plus tard, un ancien officier de la garde rapproché d’Ali Khamenei, le Guide suprême de la théocratie, révélera que ce jour-ci, ce dernier s’apprêtait à quitter le pays dans le cas où le débordement ferait tâche d’huile.

Le 30 décembre, le pouvoir en place déclare que la révolte est dirigée par l’Organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran (OMPI ou en persan, MeK).

Ahmad Alamolhoda, un religieux proche du Guide suprême déclare que " les sites Web des Moudjahidine du peuple avaient annoncé les mots-d’ordre avant qu’ils soient repris dans la rue ". Il menace les dirigeant du Mouvement Vert, Hossein Moussavi et son allié Mehdi Karoubi (un religieux) de s’aligner sur les Moudjahidine du peuple, ce qui est passible de la peine de mort selon le code pénal de la République islamique, précise-t-il.

Pris de frousse, les deux dirigeants mis en détention à domicile trahiront le mouvement et lanceront des appels au calme. La révolte est trahie par ceux qui étaient censés être ses dirigeants. Ce sera la fin des révoltes de 2009, mais les aspirations à la chute du régime resteront sous-jacentes dans la société iranienne et surgiront plus tard.

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