728 x 90

Giulio Terzi :

La politique iranienne de l’Occident doit s’axer sur la sécurité et la démocratie

Le 30 juin, les autorités européennes ont déjoué un attentat à la bombe contre le rassemblement international à Paris en faveur de la liberté en Iran. Le terrorisme iranien est bien plus dangereux que celui de Daech, affirme M. Terzai, ancien MAE de l’Italie
Le 30 juin, les autorités européennes ont déjoué un attentat à la bombe contre le rassemblement international à Paris en faveur de la liberté en Iran. Le terrorisme iranien est bien plus dangereux que celui de Daech, affirme M. Terzai, ancien MAE de l’Italie

L’Iran est probablement le défi le plus sérieux en matière de sécurité et de politique étrangère pour les peuples européens, écrit Giulio Terzi, l’ancien ministre italien des Affaires étrangères, dans un article paru dans un site Web américain, Townhall. Voici la traduction de cet article :

 

L’Iran est probablement le défi le plus sérieux en matière de sécurité et de politique étrangère pour les peuples européens. Pourtant, les dirigeants européens ont adopté une vision contradictoire de celle de la Maison Blanche.

Aussi difficile d’admettre que cela puisse être pour de nombreux Européens, c’est l’un des domaines de la politique étrangère où l’administration Trump est sur la bonne voie.

La politique iranienne de l’Occident avait été excessivement conciliante à durant l'ère Obama, et elle le reste encore aujourd'hui parmi plusieurs gouvernements européens. Cependant, l'administration Trump a opté pour une approche plus ferme en imposant des sanctions plus sévères à la République islamique.

À la fin de l’année dernière, des manifestations massives au cris de " mort au dictateur " ont été organisées contre le pouvoir en place, en grande partie par l’organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran (OMPI/MEK) dans toutes les grandes villes du pays. En plus de réaffirmer que la crise économique qui stigmatise le commun des Iraniens s’est empirée depuis la signature de l’accord nucléaire avec les grandes puissances mondiales, les manifestations n’ont laissé aucun doute sur le fait que la population iranienne rejette massivement la théocratie au pouvoir et s’efforce de créer un gouvernement représentatif.

 

Une occasion en or

Alors que ces manifestations se poursuivent encore sous différentes formes, les nations européennes risquent de renoncer à une occasion en or pour modifier l’avenir du Moyen-Orient. Le président américain et un certain nombre de responsables de son administration ont déclaré leur soutien à la lutte du peuple iranien contre le régime théocratique, soulignant que le but de la stratégie américaine vis-à-vis de l’Iran est un changement global dans le comportement des mollahs.

C'est la seule politique sensée tant pour les États-Unis que pour leurs alliés européens. L'objectif humanitaire d'améliorer la vie quotidienne du peuple iranien devrait être un impératif pour les pays occidentaux. Cela devrait certainement être un facteur de motivation pour les nations qui s'efforcent d'être, enfin, sur la même longueur d'onde qu'avant l'Assemblée générale des Nations Unies à New York, à Bruxelles et à Washington. Les violations flagrantes des droits de l'homme commises par le régime des mollahs et la répression violente des manifestations généralisées qui en résulte rendent urgente une stratégie commune américano-européenne axée sur les intérêts nationaux de sécurité. Le Sommet Soulèvement iranien de 2018, prévu en même temps que l'Assemblée générale des Nations Unies, soulignera l'impératif d'adopter une telle stratégie.

 

L’augmentation des activités terroristes de Téhéran

Alors que certains experts ont estimé qu'une position plus ferme à l'égard de la République islamique ne ferait qu'accroître les perspectives d'un conflit ouvert, l'expérience de plus d'une décennie prouve le contraire. En effet, l'incapacité à faire face au régime a entraîné une augmentation des activités terroristes et des menaces de guerre asymétrique, comme le déploiement d'agents terroristes soutenus par l'Iran contre des cibles occidentales au Proche-Orient.

Ce n'est pas seulement une théorie. Téhéran a déjà tenté de telles actions cette année et à plusieurs reprises. Ça a été le cas, par exemple, le 30 juin, lorsque plusieurs autorités européennes ont déjoué un attentat à la bombe contre le rassemblement international à Paris en faveur de la liberté en Iran. Des dizaines de milliers de personnes ainsi que des centaines de dignitaires américains et européens et la dirigeante de l'opposition iranienne Maryam Radjavi, prenaient part à cet événement mondial. Sans la vigilance des agences européennes de sécurité, les résultats auraient été catastrophiques.

Le 1er juillet, les autorités allemandes ont arrêté un diplomate iranien en route vers l'Autriche où il jouissait de l'immunité diplomatique. Le procureur fédéral allemand a déclaré que le diplomate avait donné l'ordre de l'opération et remis personnellement la bombe aux terroristes avant leur arrestation en Belgique. Un attentat à la bombe similaire impliquant l'Iran a été déjoué en Albanie en mars.

 

Une menace beaucoup plus grande que Daech

Ces incidents et d'autres montrent que le régime iranien s'est engagé à perpétrer des attentats terroristes majeurs d'une manière similaire à Daech sur le territoire européen. En fait, l'Iran représente une menace beaucoup plus grande que Daech en raison des énormes ressources financières, militaires et de renseignements que le régime alloue directement ou indirectement à ses mandataires comme le Hezbollah, le Djihad islamique et même des éléments d'Al-Qaïda, des talibans et d'autres groupes djihadistes. Tout cela a été déterminé au fil des ans par les cours et institutions américaines et européennes, les rapports de renseignements et les juridictions internationales.

En dépit d'un bilan aussi infâme, les mesures prises pour prévenir, décourager et démanteler le dangereux réseau terroriste iranien se sont révélées inadéquates.  C'est pour cette raison que Téhéran se sent enhardi par la réticence de l'Europe à affronter directement l'Iran malgré les menaces directes à la sécurité nationale des États et des citoyens européens.

 

Recommandés

Deniers infos et articles