728 x 90

4 novembre 1979

Prise d’otages à l’Ambassade américaine de Téhéran

Un prétexte pour Khomeiny pour s’accaparer les pouvoirs absolus

Le 4 novembre 1979 en fin de matinée, quelque 400 étudiants prennent d'assaut l'ambassade des États-Unis à Téhéran
Le 4 novembre 1979 en fin de matinée, quelque 400 étudiants prennent d'assaut l'ambassade des États-Unis à Téhéran

Le 4 novembre 1979 en fin de matinée, quelques 400 étudiants prennent d'assaut l'ambassade des États-Unis à Téhéran. Les " étudiants " prennent 52 personnes en otage, auxquelles s'ajouteront trois autres, capturées au ministère des Affaires étrangères.

En échange de la libération d'otages, les autorités iraniennes réclament officiellement que les États-Unis leur livrent le Chah qui y séjourne pour raison de santé, afin que celui-ci soit jugé.

Selon l'arrêt de la Cour internationale de justice, saisie de l'affaire : " L'Ayatollah Khomeiny a proclamé que l’État iranien apportait sa caution, tant à la prise de l'ambassade qu'à la détention des otages. Il a qualifié la première de " centre d'espionnage ", il a déclaré que les seconds resteraient (sauf quelques exceptions) " en état d'arrestation " jusqu'à ce que les États-Unis aient livré l'ancien Chah et ses biens à l'Iran et il a interdit toute négociation avec les États-Unis à ce sujet ".

Treize des 56 otages sont libérés dans les deux semaines suivantes, ainsi qu'un quatorzième en juillet 1980. Les autres otages restent 444 jours en détention, durant lesquels certains tentent de s'échapper, mais en vain. Depuis leur libération, ils dénoncent la torture psychologique qu'ils subirent à l'époque.

En réponse à la prise d'otages, le président des États-Unis Jimmy Carter applique immédiatement des pressions d'ordre économique et diplomatique à l'égard de l'Iran : les importations de pétrole iranien sont stoppées le 12 novembre, un grand nombre de ressortissants iraniens sont expulsés des États-Unis et d'importants fonds iraniens se trouvant dans les banques américaines sont gelés le 14 novembre.

Le 15, moins de dix jours après la démission du Premier ministre Mehdi Bazargan, qui s'était plaint des " comités Khomeiny ", Khomeiny fait adopter par l'Assemblée des experts le texte de la nouvelle Constitution de l'Iran qui lui rend les pouvoirs absolus. En janvier 1980, une répression sans merci commence contre les opposants : Khomeini détient dorénavant tous les pouvoirs.

Selon la journaliste Dominique Lorentz, au printemps 1980, l'ayatollah Khomeini discute avec les deux candidats présidentiels, Carter et Reagan11. Les pourparlers ont fait appel aux protagonistes de l'Irangate, ainsi qu'aux deux pays liés à l'Iran par des accords nucléaires, la France (via Eurodif) et l'Allemagne (contrat pour la centrale de Bouchehr, devant être construite par Kraftwerk Union).

Le 7 avril 1980, Carter rompt les relations diplomatiques avec l'Iran. Deux semaines plus tard, il lance l'opération Eagle Claw, pour essayer de libérer les otages par un commando. Une planification trop complexe, des problèmes techniques ainsi que des tempêtes de sable imprévues conduisirent à la déroute des soldats et à l'annulation de l'opération. Trois hélicoptères RH-53D sur huit tombent en panne, et un quatrième entre en collision avec un avion de transport C-130 Hercules au sol et s'écrase, faisant huit morts.

Fin 1980, après la défaite de Carter aux élections au profit de Ronald Reagan, la mort du shah le 27 juillet et le début de la guerre Iran-Irak, la voie de la négociation semble préférée. Les États-Unis font appel au ministre des Affaires étrangères algérien, Mohamed Seddik Benyahia, pour servir d'intermédiaire.

Finalement, la libération des otages est décidée en échange du dégel des fonds iraniens et de la promesse qu'aucune poursuite judiciaire ne sera lancée contre les autorités iraniennes (accords d'Alger).

Les otages sont libérés à Alger le 20 janvier 1981, douze minutes après l'adresse inaugurale du président Reagan, nouvellement élu, et rejoignent leur pays le 27, à l'occasion de l'investiture du président Reagan, après une étape sur la base aérienne de Wiesbaden. En 2001, Ernest Backes, ancien banquier chez Clearstream, affirmait qu'il avait été chargé du transfert d'argent ayant payé la libération des otages.

 

 

 

 

Recommandés

Deniers infos et articles