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Iran – Suse :

Quatre-vingt travailleurs de la canne à sucre convoqués par le Vevak

Ismaïl Bakhchi (à gauche), l’un des dirigeants syndicaux des travailleurs de la canne à sucre Haft Tapeh de la ville de Suse (sud-ouest de l’Iran) et Sepideh Qelian (à droite), une militante des droits civiques, se trouvent tous deux dans un état alarmant en prison
Ismaïl Bakhchi (à gauche), l’un des dirigeants syndicaux des travailleurs de la canne à sucre Haft Tapeh de la ville de Suse (sud-ouest de l’Iran) et Sepideh Qelian (à droite), une militante des droits civiques, se trouvent tous deux dans un état alarmant en prison

Quatre-vingt travailleurs de la canne à sucre Haft Tapeh de la ville de Suse, dans le sud-ouest d’Iran, ont été convoqués par le Département de renseignement de la ville de Suse, la filiale du ministère de renseignement et de sécurité (le Vevak), indique le syndicat des travailleurs de Haft Tapeh (STHT).

Ces travailleurs ont été convoqués pour subir des interrogatoires sur leur participation à la grève, indique la même source.

Le même syndicat a exprimé sa préoccupation vis-à-vis de l’état de santé de deux personnes arrêtées lors des manifestations qui ont accompagnées les 28 jours de grève des travailleurs de la canne à sucre.

Ismaïl Bakhchi, l’un des principaux dirigeants syndicaux des travailleurs de la canne à sucre, et Sepideh Qelian, une militante des droits civiques, ont été arrêtés dimanche le 18 novembre 2018, alors qu’ils étaient en train de manifester dans le centre-ville de Suse.

Ces deux militants " se trouvent sous pression dans un cachot individuel om ils ne peuvent même pas se rendre compte s’il fait jour ou nuit", s’inquiète le STHT, dans une déclaration publiée sur son canal dans la messagerie Telegram.

L’état de santé d’Ismaïl Bakhchi est alarmant, indique la même source qui ajoute que le dirigeant syndical porte toujours les hématomes des coups qu’il a subis en prison sur son front.

Des rapports avaient fait état des tortures infligées à M. Bakhchi après son arrestation. Le Gouverneur de la province et le chef du judiciaire de la ville de Suse avaient démenti la nouvelle, mais le STHT a réagi à ce déni sur son canal Telegram, en se référant à des sources informées indiquant que le syndicaliste avait été torturé et reçu de nombreux coups sur la figure, dont il porte les hématomes.

Sepideh Qelian a sensiblement perdu de poids, à tel point qu’elle a eu mal au corps quand sa mère l’a embrassée dans une visite en prison, précise encore la même source.

Un autre dirigeant syndical, Ali Nejati, se trouve également en prison. Il a été passé au tabac lors de son arrestation dans son domicile, le jeudi 29 décembre. Depuis, on est toujours sans nouvelle de lui.

La grève des travailleurs a pris fin au bout de 28 jours, après que le PDG ait satisfait une partie de leurs revendications, notamment le paiement de deux mois de salaires arriérés, le règlement des arriérés des primes d’assurance, et le changement du contrat de travail temporaire (CTT) de nombreux travailleurs de la compagnie en contrat de travail à durée indéterminée (CDI).

Le principal conflit consistant le statut de la compagnie reste sous-jacent.

Les travailleurs réclament depuis longtemps le retour de cette compagnie au secteur public pour être gérée par le conseil des travailleurs.

Depuis sa privatisation, les frères Assad Beygui qui ont pris le contrôle de la plus grande compagnie de la canne à sucre du Moyen-Orient, utilisent les subsides d’État en matière de devises ou des avantages douaniers à leur fin personnelle. Les sept frères Assad Beygui sont les neveux de Eshaq Jahanguiri, le N°2 du gouvernement Hassan Rouhani et ont tous des liens intimes avec les Gardiens de la révolution. Les premières victimes de cette évolution ont été les travailleurs de la compagnie qui accumulent les mois de salaires impayés.

 

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