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Amnesty International s’indigne de l’exécution de deux mineurs en Iran

Le régime iranien a exécuté près de 100 mineurs en deux ans

Iranamnestyinte
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Le régime iranien a exécuté près de 100 mineurs en deux ans, 90 autres risquent de l’être dans les semaines à venir. Cette situation accablante ne laisse pas indifférent Amnesty International qui s’indigne contre l’exécution de deux adolescents de 17 ans accusés de viol, sans que leurs familles ni leurs avocats n’en soient informés. L’Iran est l’un des pays exécutant le plus de personnes mineures au moment du crime.

Selon l’ONG, les deux adolescents ont été arrêtés à l’âge de 15 ans pour viol et ont été détenus dans un centre de détention de la police, où ils n’avaient pas accès à un avocat pendant la période de l’enquête. Ils ont été battus pendant cette période.

D'après les informations obtenues par Amnesty International, les adolescents, Mehdi Sohrabifar et Amin Sedaghat, n'ont appris qu'ils avaient été condamnés à mort que peu de temps avant leur exécution et avaient sur leur corps des marques de fouet indiquant qu'ils avaient été fouettés avant leur mort. Les membres de leurs familles et leurs avocats n'ont pas été informés à l'avance des exécutions et ont été bouleversés d'apprendre la nouvelle.

Philip Luther, directeur du programme Afrique du Nord et Moyen-Orient à Amnesty International, a déclaré : « Le recours à la peine de mort contre les personnes âgées de moins de 18 ans au moment du crime est strictement prohibé aux termes du droit international relatif aux droits humains et constitue une atteinte flagrante aux droits des mineurs. Depuis bien longtemps, les parlementaires iraniens auraient dû mettre fin à cette situation regrettable en modifiant le Code pénal de manière à interdire le recours à la peine de mort contre toute personne âgée de moins de 18 ans au moment de l’infraction. »

Mehdi Sohrabifar et Amin Sedaghat étaient détenus dans un centre de redressement pour mineurs à Chiraz depuis 2017. Le 24 avril, ils ont été transférés à la prison d’Adelabad, sans en connaître la raison. Le même jour, leurs familles se sont vu accorder un droit de visite, sans savoir que c’était en vue de leur exécution. Le lendemain, le 25 avril, les familles ont soudain reçu un appel de l’Organisation de médecine légale d’Iran, un institut médicolégal d’État, les informant des exécutions et leur demandant de venir récupérer les corps de leurs proches.

À la suite de leur arrestation, ils ont été enfermés pendant deux mois dans un centre de détention de la police où, selon leurs témoignages, ils avaient été frappés. Ils n’avaient pas pu consulter d’avocat durant la phase d’investigation. Entre 1990 et 2018, Amnesty International a recensé en Iran 97 exécutions de personnes âgées de moins de 18 ans au moment des faits. Plus de 90 autres risquent toujours d’être exécutées.

Les exécutions de Mehdi Sohrabifar et d’Amin Sedaghat n’ayant pas été rendues publiques avant que leurs cas ne soient portés à la connaissance d’Amnesty International, l’organisation craint que le nombre réel d’exécutions de mineurs délinquants dans le pays ne soit plus élevé que le nombre qu’elle a recensé. Les mineurs délinquants se trouvant actuellement dans le quartier des condamnés à mort risquent eux aussi d’être exécutés en secret si leurs cas ne sont pas portés à l’attention d’organisations de défense des droits humains pour une campagne et une sensibilisation en direction du grand public.

« Nous constatons que les autorités iraniennes ont tendance à procéder à des exécutions de mineurs délinquants en secret et sans en avertir au préalable les familles, semble-t-il dans le but de ne pas susciter l’indignation de la communauté internationale. Il est donc essentiel que les acteurs internationaux influents tels que l’UE multiplient leurs interventions diplomatiques et publiques pour faire pression sur l’Iran afin qu’il cesse de recourir à la peine de mort contre les mineurs délinquants », a déclaré Philip Luther.

Beaucoup passent des périodes prolongées dans le quartier des condamnés à mort, parfois plus de 10 ans. Certains ont vu leur exécution programmée puis reportée à plusieurs reprises, ce qui n'a fait qu'accroître leurs souffrances. Ces conditions d’incertitude générant une profonde angoisse et une forte détresse psychologique s’apparentent à un traitement cruel, inhumain et dégradant.

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