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Iran – crises intestines :

Scission au sein du clergé à Qom

Le Guide suprême a exprimé sa préoccupation vis-à-vis d’un courant de pensée séculaire qui s’est développé dans le séminaire de Qom et qui prône pour la séparation du Mosquée de l’État.
Le Guide suprême a exprimé sa préoccupation vis-à-vis d’un courant de pensée séculaire qui s’est développé dans le séminaire de Qom et qui prône pour la séparation du Mosquée de l’État.

L’école théologique de Qom n’est pas une école comme les autres. Appelé le séminaire de Qom, cette école est l'un des deux plus grand centres d'éducation chiite duodécimain au monde. Le séminaire a été fondé en 1922 par Abdul-Karim Haeri Yazdi. Après la ville de Najaf en Irak, Qom est considéré comme le deuxième plus important centre d'éducation religieuse des Chiites.

C’est de cette école que sont issus la plupart des dirigeants de la République islamique, de son fondateur, l’Ayatollah Rouhollah Khomeiny, en passant par toute la panoplie des membres du clergé du pouvoir, notamment l’actuel Guide suprême, Ali Khamenei.

Le séminaire a toujours été un centre de l’intrusion du clergé dans la vie politique du pays, depuis l’époque des Safavides où le clergé constituait la pierre angulaire de l’empire, jusqu’aux Qajar où il a soutenu les gouverneurs contre la Révolution constitutionnelle de 1906 et enfin les Pahlavi, où le clergé a fait bloc avec le Chah contre le premier ministre Mohammad Mossadegh dans les années 1950, avant que le premier point de discorde avec la monarchie apparaisse avec l’octroi du droit de vote aux femmes dans les années 1960. Les années 1970 ont connu un début de réconciliation entre le clergé et la Cour du Chah, avant que la révolte de 1978 remette en question le pouvoir de Pahlavi et le réseau du clergé organisé dans ce même séminaire de Qom s’empare du pouvoir.

Pendant toutes ces années, ainsi que pendant une longue période dans la République islamique, le séminaire est véhiculé de manière homogène par un courant de pensée ultra intégriste qui a donné naissance à la République islamique. Sauf certains cas isolés comme l’Ayatollah Seyyed Mahmoud Taleghani qui décéda peu après l’avènement de la théocratie, ce courant de pensée faisait l’unanimité dans le sein du séminaire. Les différends qui s’émergeaient de temps à autre n’étaient pas sur le fond, ni la forme, mais plutôt sur la part de chaque ayatollah dans la répartition des pouvoirs.

Force est de constater que cet équilibre est en train de basculer depuis un certain temps, forçant même à plusieurs reprises le Guide suprême d’exprimer sa préoccupation vis-à-vis d’un courant de pensée séculaire qui s’est développé dans le séminaire et qui prône pour la séparation du Mosquée de l’État.

" Un mollah qui n’a pas la conviction en le pouvoir en place ne sert à rien ", a notamment dit Khamenei dans une intervention devant les membres du clergé, le 4 mars. L’élocution dont des extraits n’ont été diffusés que quatre jours plus tard par la télévision d’État, Irib, a révélé en outre que le nouveau courant de pensée qui s’est développé a eu de l’influence sur le haut de la hiérarchie du clergé.

" Un grand ayatollah sera utile au pays s’il est fidèle au pouvoir en place, sinon il ne sera pas utile à la République islamique ", a affirmé Khamenei lors du même discours.

" Il est important qu’il ait la ferme conviction que l’évolution qu’a déclenché la Révolution islamique doit continuer", a encore dit le N°1 de la République islamique qui a ainsi révélé que des grands ayatollahs s’opposent au mode de gouvernement actuel, sans toutefois divulguer leur identité.

Cette scission dans l’organe le plus idéologique de la République islamique prend ses sources dans la reconnaissance de la débilité du clergé.

" La trahison des gens comme Hassan Rouhani qui sont dénués d’un minimum de connaissances scientifiques et théologiques, a plongé notre société dans la paupérisation, dans l’accroissement de la misère et dans des sérieuses difficultés de gagner sa vie", a dit le 4 mars Fazel Meybodi, un professeur au séminaire de Qom, dans un entretien avec le site Web Entekhab.  

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