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Iran - économie :

Un système D totalement au service de l’État, au détriment du peuple

Une file d’attente pour l’achat de la viande, à Téhéran, en février 2019.
Une file d’attente pour l’achat de la viande, à Téhéran, en février 2019.

Le paysage du marché iranien et de la condition de vie des Iraniens est un véritable paradoxe. Alors que les couches les plus vulnérables ont de plus en plus de mal à se procurer le pain qui est la base de l’alimentation, les importations des automobiles de luxe ne se sont pas interrompues, ne fut-ce que pour un jour.

Les producteurs de pièces détachées des automobiles déposent le bilan l’un après l’autre. La cause : l’augmentation des importations de pièces détachées !

Beaucoup d’Iraniens n’ont pas consommé de viande depuis des mois, voire des années, alors que les coupes de glace des restaurants de luxe sont ornées de poudre d’or alimentaire.

Les files d’attente pour acheter du pain, de la viande ou du poulet deviennent de plus en plus longues dans les villes iraniennes. Ces scènes devenues de plus en plus fréquentes commence à étonner même la presse officielle. " Après quarante ans, avec tant de revenus pétroliers et toutes les autres richesses que possède l’Iran, comment peut-on justifier de telles files d’attente ?", se demande l’éditorial du quotidien Aftab Yazd.

L’éditorialiste s’inquiète de l’avenir du régime : " Les nouvelles générations ne sont plus celles des années 1960, 1970, 1980 ou même 1990. Leur tolérance est bien limitée", écrit-il pour rappeler que ces longues files d’achat auront leurs répercussion politiques si l’État ne parvient pas à y trouver un remède rapide.

 

Des contradictions à perdre la tête

Face à ce statu quo qui affiche une urgence à agir, rien ne change, la situation empire même de jour en jour. Les déclarations officielles sont de plus en plus contradictoires à la vérité dans la rue. Alors que le régime déclare que le pays a atteint l’autosuffisance en matière de la production du blé, on constate de plus en plus de boulangeries qui ferment leur porte par pénurie de farine !

En même temps, la Une de la presse officielle annonce que l’Iran exporte la farine vers l’Irak ou d’autres pays. Le lendemain, la même presse annonce que l’Iran importe de la farine de tel ou tel pays. Tous les domaines de l’économie sont frappés par cette antinomie. Le producteur de wagon de la ville d’Arak (centre du pays) dépose le bilan, alors qu’on importe des wagons de la Chine. On se trouve confronté à une suite de déclarations et de vérités qui ne cessent de se contredire : de quoi perdre la tête !

 

La vérité

En vérité, l’Iran ne manque ni du blé ni de la farine pour sa consommation intérieure, mais le régime exporte ces productions pour ses besoins d’entrée de devises. Puis, pour parier à la pénurie sur le marché intérieur, il importe de la Chine du blé et de la farine de faible qualité qu’il troque contre ses exportations de pétrole ! C’est la même chose par exemple pour la production des wagons. Pour ne pas déplaire à la Chine, il faut que les importations de wagons continuent, tant pis si cela génère la fermeture des productions nationales. La magouille est utile pour remplir les caisses de l’État et pour satisfaire les quelques amis de la République islamique qui restent dans la planète ; tant pis pour la population qui doit en payer le prix par des licenciements, des pénuries, des hausses de prix vertigineuses et des longues files d’attente pour acheter les produits de première nécessité.

Ce système D procure également des dessous-de-table qui servent à enrichir les dirigeants et leurs proches. On comprend pourquoi le clergé au pouvoir résiste tant pour ne pas épouser la ligne de conduite tracée par GAFI, le Groupe d'action financière ou Financial Action Task Force (FATF) est un organisme intergouvernemental de lutte contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme.

" Même les pays tels que la Chine, la Russie et la Turquie conseillent à l’Iran de ratifier les législations du GAFI pour que les transactions bilatérales puissent continuer", écrit le 23 février 2019, le quotidien Iran.

Le même quotidien reconnaît : " L’Iran est l’un des premiers pays du monde en matière de l’évasion fiscale et notre économie est en proie des blanchiments d’argent".

Iran révèle également dans un autre article que " hormis le narcotrafic, entre 10 à 15 milliards de dollars de contrebande ont été effectuées en Iran lors de ces dernières années (…) Rien que l’année dernière, le volume d’argent illégitime qui circule dans le pays a dépassé le budget total de l’année !".

La vérité est que l’Iran est dans les mains d’un régime corrompu qui anéantit toutes les ressources du pays et qui n’a pas grande chose à faire des maux de son peuple. La première priorité de ses dirigeants est de se remplir les poches, d’assurer leurs dépenses en devise et maintenir leurs alliés à n’importe quel prix. Pendant ces quarante ans, c’est toujours le peuple qui a payé ce prix, par son appauvrissement. La seule solution qui reste est le renversement de ce régime pourri et l’instauration d’une République qui tire sa légitimité des urnes et non pas d’un semblant de crédit religieux obtenu d’on ne sait où.

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