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7 décembre 1953

Trois étudiants tués dans l’assaut des paras à l’Université de Téhéran

Journée nationale de l’étudiant en Iran

  Les trois étudiants tués le 7 décembre 1953 à l’Université de Téhéran, avaient posé peu avant pour une photo en commun
Les trois étudiants tués le 7 décembre 1953 à l’Université de Téhéran, avaient posé peu avant pour une photo en commun

Le 7 décembre est la Journée internationale de l’étudiant en Iran. Cette date rappelle le soulèvement estudiantin du 7 décembre 1953, quatre mois après le coup d’État de la Cour impériale soutenue par les services américains, contre le premier ministre nationaliste, Mohammad Mossadegh.

Fière d’avoir maté toute opposition, Mohammad Reza Chah, le deuxième roi de la dynastie Pahlavi, règne d’une main de fer sur le pays. Mais la gronde va surgir de l’Université de Téhéran.

 

Les précédents

La mouvance estudiantine iranienne s’est organisé en 1949 en constituant le Front estudiantin nationaliste et démocratique (FEND) à l’Université de Téhéran pour soutenir Mohammad Mossadegh dans sa lutte pour la nationalisation du pétrole iranien.

Trois ans plus tard le FEND a été le principal moteur du soulèvement du 20 juillet 1952 en faveur de Mossadegh, en retentissant le slogan de " la mort ou Mossadegh " dans les rues de Téhéran.

Après le coup d’État du 18 août 1952, la mouvance estudiantine ne s’éteint pas. Le 7 octobre 1953 plus de deux milles étudiants de l’Université de Téhéran se déversent dans les rues de la capitale et manifestent dans trois emplacement contre l’arrestation et le jugement de Mohammad Mossadegh. La police charge brutalement les étudiants ce jour-là et plusieurs manifestants ont été blessés ou arrêtés.

Le 11 novembre 1953, les étudiants véhiculent encore une autre manifestation en plein cœur de Téhéran, toujours contre la Cour martiale qui juge Mossadegh.

 

Le feu au poudre

Le 4 décembre 1953, c’est l’annonce par le premier ministre issu du coup d’État, le général Mohammad Fazlollah Zahedi, de la reprise des relations avec le Royaume Uni met le feu au poudre.

En effet, lors de son mandat de premier ministre, Mohammad Mossadegh avait rompu les relations entre les deux pays à cause des multiples complots de Londres pour se défaire de lui. Il est encore trop tôt pour oublier ces complots, jugent les Iraniens qui voient d’un mauvais œil ce rapprochement, d’autant plus que le Général précise dans son discours que cette reprise des relation " aidera à régler les différends pétroliers entre les deux pays ", ce qui est traduit par un feu vert aux convoitises de Londres sur les ressources d’énergie iraniennes.

C’est dans ce contexte que le président américain Richard Nixon effectue une visite à Téhéran. Les États-Unis symbolisent alors aux yeux des Iraniens, le coup d’État qui a déchu Mossadegh.

Les manifestations se multiplient aussi bien dans le bazar qu’à l’université. Les forces de l’ordre ont de plus en plus de mal à éviter le débordement.

C’est du trop pour le Chah qui voit son prestige en danger devant son hôte.

Le 7 décembre il dépêche ses commandos parachutistes dans l’enceinte de l’Université de Téhéran pour mater le mouvement. Les parachutistes répriment très violemment les étudiants, dont trois, Ahmad Qandchi, Mehdi Chariat Razavi et Mostafa Bozorgnia, seront tués soit par balle soit par baïonnette.

Le Chah ne savait peut-être pas que ce jour allait devenir un jour emblème dans les luttes de la mouvance estudiantine iranienne contre la dictature. Depuis cette date, le 7 décembre est une journée d’état d’urgence, aussi bien pour la dictature du Chah, que pour celle des clercs.

 

 

 

 

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