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ََUne société au bord de l’explosion :

Le tsunami de la pauvreté en Iran

Les habitations non officielles, les vieilles structures et les villages qui sont situés dans des zones d'expansion urbaine abritent 18 millions de personnes en Iran
Les habitations non officielles, les vieilles structures et les villages qui sont situés dans des zones d'expansion urbaine abritent 18 millions de personnes en Iran

Dans une matinée froide et nuageuse de novembre à Téhéran, une brise glaciale balaie les feuilles dans l'une des rues principales de Téhéran, attirant les regards des passants vers un homme étendu sur un morceau de carton à côté du trottoir.

Voir des sans-abri, des enfants travailleurs et des toxicomanes errer et s'allonger dans la rue est maintenant devenu une scène courante en Iran.

" 70 % de la population vit en dessous du seuil de pauvreté. " Il s'agit de statistiques que même les médias officiels ne peuvent cacher et doivent révéler afin de maintenir une réputation de sources d'information.

Le 31 octobre, l'agence de presse Ilna, gérée par l'Etat, a révélé que "dans les circonstances récentes, près de 70 % de la population vit dans une situation de vulnérabilité qui affecte extrêmement les couches à faible revenu de la société. Cependant, les classes moyennes en souffriront aussi."

Tasnim, une agence de presse liée à la Force Qods des Gardiens de la révolution, parle de l'effondrement des classes moyennes et inférieures de la société. " Auparavant, 20 % de la société était classée dans la classe inférieure, 60 % dans la classe moyenne et 20 % dans les couches riches. La situation a changé et nous avons maintenant 40 % de classe inférieure, 40 % de classe moyenne et 20 % de classe supérieure dans la société ", indique Tasnim le19 novembre, citant un conseiller de Hassan Rouhani.

Les chiffres susmentionnés ne sont que la pointe de l'iceberg. Plus vous vous concentrez sur les questions sociales publiées par les médias publics, plus vous pouvez trouver des faits et des chiffres sur les catastrophes qui se produisent en Iran sous le régime tyrannique des mollahs.

 

Le taux d'extrême pauvreté a doublé

Le 30 octobre, l'agence de presse publique Pana a révélé que "l'extrême pauvreté a doublé cette année". Pana cite ensuite un député du parlement du régime : " La pauvreté a augmenté dans le pays par rapport aux années précédentes. Auparavant, près de 15 % de la population iranienne vivait sous le seuil de l'extrême pauvreté, mais ce chiffre a maintenant doublé. En outre, la capacité des travailleurs à acheter des biens a chuté en raison d'une augmentation des dépenses."

Le 26 octobre, Tasnim a également précise que le revenu des travailleurs ne peut subvenir qu'à 33 % des besoins de leur famille, " les travailleurs doivent avoir trois emplois pour subvenir aux besoins fondamentaux d'une famille de trois personnes. Sinon, les trois membres de la famille doivent avoir un emploi."

 

Les salaires des travailleurs sont en-dessous du seuil de pauvreté

Selon les statistiques officielles, il y a plus de 13 millions de travailleurs en Iran. En supposant qu'en moyenne, les travailleurs ont une famille de trois personnes, il y a environ 39 millions d'Iraniens qui vivent sous le seuil de pauvreté et qui souffrent de problèmes économiques.

Selon les rapports officiels des organisations du régime, qui fournissent les chiffres les plus optimistes, le seuil de pauvreté est tout revenu inférieur à 50 millions de rials par mois (environ 1000€ selon le taux du marché libre). Pendant ce temps, le 19 mars 2018 le site Web Tabnak écrit: "Le Conseil suprême du travail a fixé le salaire mensuel le plus bas pour le travail à 11,4 millions de rials (239€) pour 2018".

Il convient de mentionner que tous les chiffres susmentionnés concernent les travailleurs à temps plein sous le contrôle du droit du travail. Cependant, les médias officiels affirment que 96 % des travailleurs iraniens sont des travailleurs contractuels, qui souffrent davantage encore des circonstances économiques.

 

Pauvreté parmi les travailleurs contractuels

Le chômage croissant en Iran a forcé les travailleurs iraniens à accéder au travail à contrat sans aucun avantage.

Le site d'information économique de l'État a publié le 17 juillet 2017 un article intitulé "12 millions de travailleurs contractuels". Révélant des statistiques accablantes à cet égard, Eghtesad écrit : "Il y a maintenant plus de 13 millions de travailleurs couverts par l'assurance sociale, dont 12 millions sont sous contrat. En d'autres termes, 96 % des travailleurs sont sous contrat et la plupart d'entre eux ont des contrats qui durent entre trois et six mois. Malheureusement, le nombre de travailleurs contractuels augmente. Près de 4 % des travailleurs sont à temps plein, et la plupart d'entre eux sont des personnes âgées sur le point de prendre leur retraite. La conclusion est que nous n'avons pas d'ouvriers à plein temps dans le pays."

En outre, l'agence de presse officiel Isna a publié le 3 mai 2018 un article intitulé " Signer une feuille blanche comme un contrat, un crime contre les travailleurs ". L'article a révélé le traitement inhumain des employeurs du envers les travailleurs, "la signature de feuilles blanches comme un contrat entre employeurs et travailleurs est un crime commis contre les travailleurs. Les travailleurs doivent travailler avec les salaires les plus bas et sans aucun avantage ni assurance. En signant ces feuilles blanches, les travailleurs compromettent leur propre vie. Des témoins oculaires ont rapporté que dans certains cas, des employeurs emprisonnent des travailleurs dans une pièce pendant les inspections gouvernementales, afin de masquer le nombre réel de travailleurs qui devraient être assurés dans l'enceinte."

 

Le marché des organes du corps humain

L'un des aspects choquants de la pauvreté en Iran est le marché florissant des organes du corps humain. L'extrême pauvreté oblige de nombreuses personnes en Iran à vendre leurs organes et, dans certains cas, à vendre leurs enfants afin de subvenir à leurs besoins pendant un certain temps.

Ce phénomène est malheureusement devenu monnaie courante en Iran. Il n'y a pas d'espace libre sur les murs de la rue à côté des principaux hôpitaux - des annonces contenant les numéros de téléphone des vendeurs d'organes envahissent les murs. En novembre, le site web Titr Yek Online décrit la situation : " En visitant la ville de Téhéran et de nombreuses autres villes d'Iran, vous aurez à faire face à de nombreux aspects choquants. Maintenant, les centres de vente d'organes sont publics et les gens sont prêts à se passer des organes de leur corps à cause de l'extrême pauvreté de la société."

Si vous pensez que l'histoire de la vente d'organes ne s'applique qu'aux chômeurs et aux sans-abri, vous avez tort.

L'agence de presse Isna a diffusé en octobre un reportage dans lequel elle révèle que les membres du personnel de l'hôpital Khomeiny de la ville de Karaj (la capitale de la province d'Alborz) vendent maintenant ses reins à cause de la pauvreté.

"Certains membres du personnel de l'hôpital ont vendu leurs reins parce qu'ils subissaient des pressions économiques après le refus de la direction de l'hôpital de payer leurs salaires au cours de ces derniers mois. Le personnel proteste contre le déni de leurs droits en disant qu'ils n'ont pas les moyens de payer le loyer de leur maison ou les frais d'éducation de leurs enfants ", précise Isna. Les manifestations du personnel de cet hôpital continuent encore.

 

La pauvreté dans les zones rurales

La situation de la vie dans les villages donne une image plus réaliste de la pauvreté dans le pays et des retombées de la politique des mollahs au pouvoir en Iran.

Des terres arables sèches, des maisons désertes, des enfants portant des réservoirs d'eau pour apporter de l'eau, des hommes désespérés assis à l'ombre des murs, des puits asséchés, etc., sont maintenant le nouveau visage des villages en Iran.

La migration des villages vers les villes est une nouvelle crise en Iran. La crise de l'eau et la pauvreté sont les principaux éléments qui contribuent à ce phénomène. Aujourd'hui, plus de 70 % de la population iranienne, soit 56 millions de personnes, vivent dans les villes et 28 % dans les villages. On estime que bientôt beaucoup d'autres villages seront désertés, rejoignant ainsi la strate suburbaine pauvre.

L'agence de presse Shabestan a publié un article fin novembre sur la situation. "Selon les experts sociaux, la migration des banlieusards vers les métropoles en 2018 a été multipliée par 17 par rapport à 1982, ce qui signifie que les problèmes sociaux ont augmenté au même rythme ", indique le rapport. L'article dit aussi : "D'après les statistiques, les habitations non officielles, les vieilles structures et les villages qui sont situés dans des zones d'expansion urbaine abritent 18 millions de personnes en Iran."

L'agence de presse Isna a publié un article intitulé " Empêcher la disparition des villages " dans laquelle elle révèle : "Alors que le parlement soutient la conversion de grands villages comme source d'alimentation et d'agriculture en villes non facilitées, la disparition des villages s'accélère en Iran. Selon l'Institut national d'études démographiques, 40.000 villages du pays sont aujourd'hui désertés."

La pauvreté en Iran est le revers de la médaille de la corruption de l’État et des détournements de fonds massifs et systématiques de plus en plus fréquents des institutions gouvernementales.

Le peuple iranien aspire à un changement. L'Iran fait maintenant face à des protestations et des grèves à l'échelle nationale. Chaque jour, des ouvriers d'usine, des agriculteurs, des fonctionnaires, se lèvent et joignent leur voix aux autres manifestants. Ce sont des gens qui cherchent le changement de régime en Iran pour la liberté et une vie meilleure.

 

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