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25 octobre 2014

Une jeune femme pendue pour un geste d’autodéfense des plus légitimes

Le symbole du calvaire et de l’injustice que subissent les femmes en Iran

" Dans un autre monde, nous constituerons la partie civile, et les agresseurs seront sur le banc des accusés ", dit Reyhaneh Jabbari dans un dernier message avant sa pendaison
" Dans un autre monde, nous constituerons la partie civile, et les agresseurs seront sur le banc des accusés ", dit Reyhaneh Jabbari dans un dernier message avant sa pendaison

En 2007, Reyhaneh Jabbari est une jeune décoratrice de 20 ans, quand elle rencontre dans un café un soi-disant médecin, Morteza Abdolali Sarbandi, qui l’invite dans son bureau pour l’embaucher, dit-il. Une fois dans le bureau, l’homme change de caractère et tente de violer la jeune femme. Affolée, sous l’agression sexuelle, elle s’agrippe à un objet coupant avec lequel elle frappe l’agresseur pour s’enfuir de son appartement. L’homme succombe au coup porté par la victime et meurt par la suite.

Reyhanneh est presque aussitôt arrêtée. Elle est isolée pendant deux mois dans une cellule individuelle sans avoir accès à un avocat ou recevoir de la visite de sa famille. Là, elle subit les pires sévices pour avouer à un homicide prémédité. Au cours de la procédure, on apprend que Sarbandi était en fait un agent des services secrets iraniens, ce qui explique l’acharnement de la justice des mollahs pour se venger de la jeune femme.

En 2009, elle est condamnée à mort par un tribunal de Téhéran. Au tribunal, elle révèle les sévices qu’elle a subi en prison.

Amnesty International, les Nations unies, l'Union européenne et l'Institut Gatestone mènent une vaste campagne de lobbying pour lui éviter la peine de mort. Son exécution a finalement été reportée par rapport à la première date programmée en avril 2014 après qu'une pétition mondiale ait recueilli plus de 20.000 signatures.

Le 29 septembre 2014, son exécution est annoncée comme étant imminente. Le 1er octobre 2014, une annonce informe de la suspension de son exécution.

De nombreuses campagnes ont été menées sur les réseaux sociaux pour sauver la vie de Reyhaneh Jabbari.

Sous l’immense pression internationale, le régime clérical argumente la loi du Talion en vigueur depuis l’avènement de la République islamique, pour légitimer la mise à mort de la jeune femme.

Malgré de nombreux efforts, l'avocat ne parvient pas à obtenir l'accord des parents de Sarbandi pour suspendre définitivement son exécution.

Reyhaneh Jabbari est finalement pendue le 25 octobre 2014 après sept années de calvaire, à la prison de Gohardasht, au nord de Karaj

Dans un dernier message très émouvant envoyé de la prison à sa mère dans un fichier sonore, elle l'implore de faire don de ses organes de manière anonyme.

Dans le même message, elle dénonce encore une fois les agents de la police, le commissaire en charge du dossier et le juge, de l’avoir fait subir des sévices corporels.

" Ma toute chère mère, dans un autre monde, moi et toi, nous constituerons la partie civile, et les agresseurs seront sur le banc des accusés ", c’est là la dernière phrase enregistrée dans ce fichier.

Le nom de Reyhaneh est resté gravé dans les pages de l’Histoire de l’Iran, comme l’une des symboles du calvaire et de l’injustice que subissent les femmes en Iran.

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