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Une quinquagénaire pendue avec son fils à Mashhad

"J’ai commencé à vivre quand j’ai connu les Moudjahidine du peuple"

Mme Chayesteh
Mme Chayesteh

Le 30 mai 1982, une quinquagénaire est pendue en compagnie de dix-sept membres des Moudjahidine du peuple, dont le fils de celle-ci, dans la prison de Mashhad (nord-est de l’Iran).

Soghra Davoudi, 51 ans, mère de huit enfants, connue sous le nom de "mère des Chayesteh" (du nom de son époux), a commencé de sympathiser avec les Moudjahidine du peuple, dès la sortie des dirigeants de ce mouvement des prisons du Chah, quand celui-ci a pris une large ampleur dans la société iranienne.

Elle a soutenu de toutes ses forces ce mouvement dont ses enfants en faisaient partie. Elle s’est attirée la rancœur des milices du pouvoir, le 6 mai 1981, lors d’une grande manifestation des mères des Moudjahidine du peuple, qui protestaient contre l’assassinat de deux jeunes femmes sympathisantes. Mme Chayesteh était parmi les organisatrices de cette manifestation qui a rassemblée quelques 200.000 personnes au cœur de Téhéran. Elle sera depuis, la ligne de mire des gardiens de la révolution qui ne lui pardonneront pas cette première manifestation massive d’une opposition au fondateur de la République islamique, Rouhollah Khomeiny.

Elle sera arrêtée en juillet 1980 par ces mêmes gardiens de la révolution dans sa ville natale, Mashhad. Malgré les pires sévices en prison, elle ne cessait pas de dénoncer le pouvoir en place et d’encourager les jeunes prisonniers politiques.

La scène de sa pendaison a été des plus écœurante : Les geôliers ont d’abord pendu un par un dix-sept membres des Moudjahidine devant les yeux de Mme Chayesteh, dont son propre fils, Ahmad Reza Chayesteh (26 ans), avant que ce soit le tour d’elle-même. La corde sera déchirée une première fois et la mère Chayesteh tombera par terre, avant que les geôliers la soulèvent pour la rependre de nouveau.

Deux autres enfants de Mme Chayesteh, Fatma (28 ans) et Mohammad Reza (37 ans), ainsi que sa sœur et deux enfants de sa sœur ont également été tués par le pouvoir en place.

"J’ai commencé à vivre quand j’ai connu les Moudjahidine du peuple", avait écrit Mme Chayesteh dans son testament.

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