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La tragédie de la paupérisation en Iran :

La vente des enfants et des organes du corps !

Dans un pays qui repose sur les premières ressources d’hydrocarbures du monde, la précarité pousse certains gens à vendre leur bébé
Dans un pays qui repose sur les premières ressources d’hydrocarbures du monde, la précarité pousse certains gens à vendre leur bébé

 

Les murs des grandes villes iraniennes abondent des affiches et des manuscrits proposant la vente des organes du corps humain.

Dans un pays qui repose sur les premières ressources d’hydrocarbures du monde, la précarité fait des ravages. La militarisation de l’économie et de la commerce iraniennes qui a commencé depuis le 1er mandat de la présidence de Mahmoud Ahmadinejad (2005) a entraîné la société iranienne dans une paupérisation accélérée.

Celui-ci a remis aux chefs du Corps des Gardiens de la révolution iraniens (CGRI ou en persan, pasdaran) tous les leviers de l’économie du pays. Depuis, tous les grands chantiers et toutes les matières premières sont du monopole du CGRI, ce qui a fait disparaître toute concurrence du secteur privé dont les entreprises déposent bilan l’un après l’autre.

" Un paquet de ciment acheté via les filiales du CGRI est disponible tout de suite et à un tiers du prix des rares filiales du secteur privé qui vous le livreront dans le meilleur des cas, en un mois ", indique un constructeur de bâtiment.

Le non-paiement des salaires pendant de longs mois et les licenciements qui ont entraîné un chômage hors norme dans la société iranienne, sont notamment les conséquences de cette politique.

De même, les PME sont également poussées l’une après l’autre vers le dépôt de bilan par des importations incontrôlées qui sont aussi du monopole des chefs du CGRI. " Un deux pièce, costume/pantalon, importé de la Chine coûte le dixième du prix de la production nationale ", précise un vendeur qui pense qu’il est " normal que personne n’achète plus made in Iran " ! 

Cette " Pasdarisation " de l’économie est la cause principale d’une paupérisation galopante qui ne cesse de croître. Les chiffres officiels controversés parlent de 70 à 80% de la population active qui vivrait en dessous du seuil de pauvreté. Une nouvelle couche de la population a même été définie récemment par les sources officielles : celle qui vit " en-dessous du seuil de la pauvreté absolue ".

L’ancien Maire de Téhéran, Mohammad-Bagher Ghalibaf, est allé lui bien plus loin. " 4% de la population détiennent plus de 90% des richesses du pays ", avait-t-il reconnu lors de sa campagne électorale de la dernière présidentielle, en mai 2017. Ghalibaf a lui-même été accusé par la suite de nombreux abus financier lors de son mandat de Maire de la capitale.

Bien que conscient des racines du problème, le Guide suprême Ali Khamenei maintient le statu quo pour la belle et bonne raison que les Gardiens de la révolution constituent son dernier rempart devant toute éventuelle émeute, ce que craint de plus en plus le pouvoir en place qui ne cesse de lancer des alertes contre la répétition des insurrections de décembre 2017.

De fait, dans la rue, cette précarité dépasse les seuils du dramatique. Les Iraniens en sont venus à vendre leurs propres organes du corps et… leurs enfants. Voici les prix du marché iranien (avec le dernier tarif de change de 1 € = environ 48.000 rials) :

- Enfant : de 1 million à 70 millions de rials 

- Rétine : 2 milliards de rials 

- Moelle osseuse : 1 milliard de rials 

- Foie : 2 à 5 milliards de rials 

- Rein : 150 millions à 5 milliards de rials 

- Location de l'utérus : 1 à 3 milliards de rials 

  

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