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Nowrouz - Le Nouvel An iranien :

La victoire de la nature qui promet celle des Hommes

Hadji Firuz (à droite) et Amou Nowrouz, les personnages centraux des Fêtes du Nouvel An iranien.
Hadji Firuz (à droite) et Amou Nowrouz, les personnages centraux des Fêtes du Nouvel An iranien.

 

Le premier jour du printemps, le 21 mars, marque le Nouvel An iranien qu’on appelle le Nowrouz ("un nouveau jour").

Cette fête prend ses racines dans les premières civilisations qui ont fait leur apparition dans la Perse antique. Certains historiens attribuent même cette fête aux populations aryennes, bien avant qu’elles s’orientent vers l’Iran d’aujourd’hui.

Par Nowrouz, les Iraniens fêtent l’avènement du printemps qui marque à leurs yeux une victoire de la nature sur l’hiver et tous les fléaux que représente celui-ci.

Dans l’ancienneté, les festivités de Nowrouz duraient cinq jours. Des petits groupes de chanteurs et musiciens parcourraient le pays d’une ville à l’autre. Ils s’installaient dans chaque quartier et commençaient à faire l’apogée de Nowrouz par des chants et poèmes dont l’impératif était d’être neufs. Avant l’arrivée du Nouvel An, les Iraniens font tous pousser chez eux des germes de blé, orge ou lentille qu’ils font pousser dans un plat qu’ils gardent avec soin avant le treizième jour de l’année. Ce jour-là, la tradition veut que personne ne reste à la maison ; tout le monde va piqueniquer dans les prairies ou aux bords des ruisseaux, lacs ou fleuves, dans lesquels ils jettent à l’eau les germes, sensés amener avec eux le message du bonheur.

 

Les préparatifs

En Iran, les préparations de Norouz commencent pendant Esfand, le dernier mois d'hiver dans le calendrier persan. Les Iraniens commencent à se préparer en faisant un grand "nettoyage de printemps" dans leurs maisons, s'achètent de nouveaux vêtements pour la nouvelle année et achètent des fleurs (la jacinthe véritable et la tulipe sont particulièrement populaires).

En association avec la renaissance de la nature, le nettoyage de printemps est la tradition nationale suivie par la plupart des ménages en Iran. Cela est aussi étendu aux effets personnels, et traditionnellement, tout le monde s'achète au moins une garde-robe neuve. Le jour du nouvel an, les familles s'habillent avec leurs vêtements neufs et commencent alors les réjouissances de cette période, en allant rendre visite aux anciens, puis au reste de la famille et enfin aux amis.

 

Les "sept S" ou Haft Sîn

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Les "sept S" rangés soigneusement sur une table dans tous les logis, constituent l’un des symbolismes majeurs des fêtes de Nowrouz

 

Les "sept S" (ou en persan Haft Sîn) constituent l’un des symbolismes majeurs des fêtes de Nowrouz. Sur une table à part dans tous les logis, rangés soigneusement, se trouvent regroupés les éléments suivant :

- sabzeh germes de blé, orge ou lentille poussant dans un plat (symbolisant la renaissance)

- samanou une pâte très sucrée fait de blé germé (symbolisant l'abondance)

- senjed le fruit séché du jujubier ou plutôt de l'Eleagnus angustifolia, "Olivier de Bohême"(symbolisant l'amour)

- sîr ail (médecine)

- sîb pommes (beauté et bonne santé)

- somaq baies de sumac (la couleur du lever du soleil et santé)

- serkeh vinaigre (l'âge et la patience)

- sonbol l'odorante fleur de jacinthe (l'arrivée du printemps)

- sekkeh pièces (prospérité et santé)

Sur la même table se trouvent des bougies et des œufs peints au nombre des enfants de la famille (symbole de la fertilité), sans oublier un miroir (symbole de lumière), le Coran, du parfum, de la pâtisserie, un ou des petits poissons rouges vivants gardés dans un bol d’eau (symbole de la vie et de la joie), de l’eau de rose pour ses pouvoirs magiques nettoyants.

Le Nouvel An commence tout juste à l’heure où viennent de s’écouler quatre saisons entières du calendrier solaire. C’est autour de la table des "sept S" que se rassemblent toutes les familles pour attendre avec une grande impatience la venue du Nouvel An. L’évènement est marqué par les tic tacs de l’horloge après quoi commence la liesse, les embrassades et les visites de famille.

 

Hadji Firuz et Amou Nowrouz

Le personnage central de la Fête de Nowrouz s’appelle Hadji Firuz. Portant du maquillage noir et un costume rouge, Haji Firuz chante et danse dans les rues avec tambourin et trompettes en distribuant ses bons vœux pour l'arrivée de la nouvelle année. Il symbolise la renaissance du dieu du sacrifice sumérien, Dumuzi qui était tué à la fin de chaque année et renaissait pour le début de l'année nouvelle. Haji Firuz est accompagné par un deuxième personnage tout aussi symbole de Nowrouz, Amou Nowrouz (oncle Nowrouz), véritable papa Noël qui lui ressemble d’ailleurs physiquement comme des jumeaux, à la différence près qu’il n’est pas habillé de rouge, mais des vêtements de couleurs chaudes qui symbolisent la nature. Alors que Hadji Firuz fait le pompage de la joie, Amou Norouz distribue des bonbons et d’autres cadeaux.

 

 

Nowrouz marque donc pour les Iraniens "un nouveau jour" à venir, des jours mieux, des jours de bonheur. Ce symbolisme érigé en la qualité de la nature (le bonheur du printemps après la vigueur de l’hiver) se reprend dans la qualité des Hommes, puis dans celle de la société.

C’est pourquoi Nowrouz représente aussi pour tous les Iraniens, une promesse divine de la disparition de la dictature et de l’avènement de la liberté.

Cette année, les Iraniens traverse l’une des pires périodes économiques du pays. Les prix qui montent en flèche, les arriérés de salaires qui se cumulent, les licenciements sauvages qui expédient du jour au lendemain des centaines de travailleurs grandir les rangs des chômeurs, et les salaires de nombreuses couches de la société qui restent en-dessous du seuil de la pauvreté, ont privé un bon nombre des familles des achats du Nouvel An. Parallèlement, les protestations et les actions de résistance ne cessent de se multiplier. C’est peut-être le Nowrouz le plus triste qu’aient connu les Iraniens, mais c’est aussi le Nowrouz qui est le plus prometteur d’"un nouveau jour".  

 

 

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