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Iran – Suse – 27e jour de grève :

Vingt-cinq avocats du barreau protestent contre la torture des dirigeants syndicaux

Ismaïl Bakhchi (au centre), l’un des dirigeants syndicaux des travailleurs de la canne à sucre Haft Tapeh de la ville de Suse (sud-ouest de l’Iran) a été arrêté il y a deux semaines, avant d’être torturé en prison
Ismaïl Bakhchi (au centre), l’un des dirigeants syndicaux des travailleurs de la canne à sucre Haft Tapeh de la ville de Suse (sud-ouest de l’Iran) a été arrêté il y a deux semaines, avant d’être torturé en prison

Vendredi 30 novembre 2018, vingt-cinq avocats du barreau ont condamné les mauvais traitements et la torture que subissent les dirigeants syndicaux des travailleurs de la canne à sucre Haft Tapeh de la ville de Suse, dans le sud-ouest d’Iran.

" La torture est le comportement le plus inhumain qu’on puisse faire subir à un détenu et toutes les lois internationales la condamnent ", écrivent ces vingt-cinq avocats iraniens, dans une déclaration rendue public vendredi.

Ismaïl Bakhchi, l’un des principaux dirigeants syndicaux des travailleurs de la canne à sucre, a été arrêté dimanche 18 novembre 2018, lors des manifestations des grévistes. Il aurait été gravement torturé et se trouverait actuellement dans un hôpital de la ville d’Ahwaz (capitale de la province). De même, Ali Nejati, un autre dirigeant syndical des travailleurs de la canne à sucre, a été arrêté manu militari dans son domicile jeudi. Il a été passé au tabac lors de son arrestation. Son fils et un ami se trouvant chez lui ont également été arrêtés.

Les vingt-cinq avocats appellent le Président de la théocratie, Hassan Rouhani, et le chef du judiciaire, Sadeq Larijani, à poursuivre en justice les instigateurs de ces comportements inhumains.

Dans une autre évolution, Reza Madadi, le directeur exécutif de la Compagnie Haft Tapeh a été démis de ses fonctions et il a été remplacé par un ancien homme d’affaire qui avait déjà occupé ce poste dans le passé, Kyumars Kazemi. Des autorités locales, dont le procureur général de la révolution dans la province du Khouzistan, ont pris part à la cérémonie de la nomination du nouveau directeur exécutif qui a reçu le titre de " représentant plénipotentiaire des actionnaires de la compagnie ". il s’agit selon les milieux syndicaux, d’une manœuvre du PDG pour présenter le précédent directeur exécutif comme un bouc émissaire à qui seraient imputées les lacunes de la gestion de la compagnie, pour appeler les travailleurs à reprendre le travail.

Les grévistes, eux, ne l’entendent pas du tout de la même oreille. Ils se sont rassemblés pour le 27e jour successif devant le gouvernorat de Suse pour réclamer leurs revendications, dont la libération des dirigeants syndicaux arrêtés.  

Par ailleurs, deux autres militants syndicaux des travailleurs de la canne à sucre Haft Tapeh, ont été convoqués vendredi par la direction du renseignement de la ville de Suse (la filiale du ministère du renseignement et de la sécurité, le Vevak). M. Mohammad Omidvar, qui travaille dans le département du commerce de la Compagnie Haft Tapeh, et son épouse Mme Chahin Pichahang, ont subi un interrogatoire de plus de trois heures au bureau du Vevak. Les services de renseignement leur ont fait pression pour agir en faveur de l’arrêt de la grève.

Mohammad Omidvar, qui travaille dans le département du commerce de la Compagnie Haft Tapeh, et son épouse Mme Chahin Pichahang, ont subi un interrogatoire de plus de trois heures au bureau du Vevak

Mohammad Omidvar, qui travaille dans le département du commerce de la Compagnie Haft Tapeh, et son épouse Mme Chahin Pichahang, ont subi un interrogatoire de plus de trois heures au bureau du Vevak

 

Depuis trois ans où la Compagnie a été légué par l’État au secteur privé, le PDG de Haft Tapeh ne satisfait pas les revendications des travailleurs et accumule les retards en paiement de leurs salaires. De même plusieurs lignes de production de la compagnie ont été interrompues, ce qui a entraîné des licenciements ou des arrêts de rémunération des travailleurs.

Les travailleurs réclament depuis longtemps le retour de cette compagnie au secteur public puis gérée par le conseil des travailleurs.

Depuis sa privatisation, les frères Assad Beygui qui ont pris le contrôle de la plus grande compagnie de la canne à sucre du Moyen-Orient, utilisent les subsides d’État en matière de devises ou des avantages douaniers à leur fin personnelle. Les sept frères Assad Beygui sont les neveux de Eshaq Jahanguiri, le N°2 du gouvernement Hassan Rouhani et ont tous des liens intimes avec les Gardiens de la révolution. Les premières victimes de cette évolution ont été les travailleurs de la compagnie qui accumulent les mois de salaires impayés.

Maryam Radjavi, la présidente du Conseil national de la résistance iranienne (CNRI), a rendu hommage aux travailleurs de la canne à sucre Haft Tapeh et a appelé la population à se solidariser avec leur mouvement en se joignant à leurs manifestations.

 

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